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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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S (56 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Lrv. IV. Ciiap. IV.

A.D. J C.le posta dans un lieu étroit, tant pour ôter à ses soldats l’envie de fuir, que1221 . pour ôter aux Mongols i’avantage de pouvoir faire agir toute leur armée.H Depuis son départ de Gazna il étoit tourmenté dune colique qui lui don-^uoit peu de relâche , & néanmoins dans le tems qu’il sousl’roit le plus il se- vit obligé de monter à cheval. II apprit que 1 avant-garde des ennemis é-toit déja arrivée à un lieu appelle Hcrder. Sur cecte nouvelle il partit lanuit avec l'élite de ses soldats, surprit les Mongols dans leur camp , & kstailla presque tous en pieces fans perdre un seul homme. Ensuite il revintsur les bords de l’índus avec un butin considérable.

Jengbiz Khan , voyant qu’il avoit affaire à un ennemi vigilant , ne fitplus rien qu’avec beaucoup de circonspection. Lorsqu’il se vit près du Sul-tan , il rangea son armée en bataille (*) , donna ì’aile droite à J a gatai ,la gauche á OStai , & se mit lui-même dans le centre au milieu de six-mille hommes de fa Garde. D’un autre coté Jalalo'ddìn se prépara au com-bat ; il fie d’abord éloigner les bateaux de l’indus , & n’en réserva qu’unseul pour faire passer la Sultane sa mere, la Reine sa femme & ses en fans ;mais malheureusement le bateau s’ouvrit quand il fallut les embarquer, stbien qu elles furent obligées de demeurer dans le camp. Le Sultan se mità la tête de son corps de bataille ; son aile gauche postée à l’abri d’unemontagne, qui empêchoit que l’aile droite des Mongols he combattît rou-te entiere, étoit commandée par son premier Viíir, & son aile droite parAmìn Malek. Ce Seigneur commença le combat, & fie plier l’aiíe gaucheennemie malgré toutes les troupes qui la soutenoient. Et comme l’ailedroite des Mongols ne pouvoit s’étendre , le Sultan se servit de son ailegauche comme d’un corps de réserve,il en détachoit de tems en tems desescadrons pour soutenir les troupes qui en avoient besoin. 11 en prit auffiune partie, lorsqu’à la tête de son corps de bataille il alla charger celui deJengkìz Khan ; il le fit avec tant de courage & de vigueur , qu’i! mit endésordre le centre des Mongols, & s’y ouvrit un large chemin pour péné-trer jusqu’à l’endroit où le Grand-Khan avoit d’abord pris son poste, maisce Prince n’y étoit plus ; ayant eu un cheval tué sous lui, il s’étoit retirépour faire combattre toutes les troupes.

Peu s’en fallut que ce désavantagé ne fît perdre la bataille aux Mongols;car la nouvelle s écant répandue dans tous les quartiers de l’armée, que leSultan avoic enfoncé le centre , toutes les troupes en furent si découra-gées , que si le Khan n’eût couru par-tout pour se faire voir, elles fe se-rment infailliblement débandées. Ce qui lui fit gagner la bataille, c’estqu’ayant remarqué que le Sultan avoit dégarni son aile gauche , -il ordon-na à Bêla Névian de passer la montagne s’il étoit possible, & d’aller l’atta-quer. Beta conduit par un guide marcha entre des rochers & des préci-pices affreux, tomba fur cette aile affoiblie, & l'eut bientôt défaite.

Un autre Historien attribue la victoire à un corps de Cavalerie, com-posé de gens d’élite surnommés Peblevans , qui soutenu de dix-mille hom-mes

(*) Abu'lghazi Kban dit qu’il vint se poster pendant la nuit entre le camp du Sultan& la rivière, asm de lui en couper absolument le passage.