HISTOIRE DE L’EMPIRE D 17 S MOGOLS. I iv.1V. Chap. IV. 3 Í 7
nrves frais fondit fur laite droite de Jahlodcm , qui étoit victorieuse; ilste défirent & la renversèrent sur ìe corps de bataille , contre k quel jtr.ghjz Khan avoir recommencé daller à Ja charge. Les troupes du Sultan,qui n’alloient en tout qu’a trt nte-mil!e hommes, fatiguées d’avoir combat-tu pendant dix heures (*) en titre s contre plus de trois-cens-mille hom*tues , prirent l’épouvante & tournèrent le dos : le fils auié de Jalalodd'mfut fait prisonnier dans la déroute. Une partie des troupes fe retira danstes rochers qui font fur les bords de Undus, cù la Cavalerie ennemie neput les suivre ; plusieurs autres trop pressés par les Mongols se jetterent'dans le fleuve, que quelques-uns traverseront heureusement. Les autres sefangerent autour de leur Prince, & sachant qu’il n’y avoir point de quar-tier à espérer pour eux continuèrent le combat.
Cependant jenghiz Khan, qui vouloir avoir Jahh'ddin vivant, défenditqu’on le tuât (f) ; & pour sempêcher de se sauver il rangea son arméeon forme d’arc, dont 1e fleuve Indus représcntoit la corde (j). Le Sultanvoyant qu’il lui restoit à peine sept-cens (§) hommes , & que s’il s’obíli-sioit plus long - tems à résister , il tomberoit entre les mains de son enne-mi, commença à penser à son salut. Comme il n’avoit d’autre parti à pren-dre que celui de traverser l’Indus, qui étoit sort dangereux, il résolut dete risquer plutôt que de se laisser prendre. Mais avant que d’exécuter cet.r-e résolution il alla embrasser fa mere , sa femme, ses en fans & ses amis,H leur dire adieu. Jalalodd'm les larmes aux yeux s’arracha enfin à ces ob-jets si chers , & après avoir ôté fa cuirasse & quitté toutes ses armes, àte réserve de (on épée , de son arc & de son carquois, il monta fur uncheval frais , & le poussa vers le fleuve , dont l’impétuosité étonna rani-mai, qui n'entra dedans que forcé ; mais quand une fois il y fut entré , ilservit st bien son Maître, qu’il 1e passa & le mit en sûreté sur l’autre bord.Le Sultan par reconnoissance le fit garder avec soin dans la fuite, & lais-sa meme passer quatre ou cinq années fans le monter dans aucune occa-sion périlleuse.
Pendant qu’il traversoit l’Indus, Jenghiz Khan accourut fur la rive , &admira son courage, mais le Sultan fit plus; il s arrêta au milieu du fleuvepour insulter son ennemi, & vuida son carquois contre lui. Plusieurs bra-ves Capitaines Mongols voulurent fe jetter dans seau pour suivre Jala-loddìn k la nage, mais te Grand-Khan les c-n empêcha, en leur disant quece Prince tromperoìt tous leurs efforts. Ensuite, mettant son doigt sor sa
bou-
(*) Le même Historien dit que la bataille dura depuis le lever du Soleil jusqu’à midi.
(t) Aht’lgbazi Khan rapporte, qu’avant que d’engager l’acìion Khan ordonna
à Koznr Kolshtm & i Kutur Ka'thau d’observer autant qu’il seroit possible JàtaWdelin, &de tâcher de le prendre vivant.
(b) Suivant ce .récit de De la Croix le chemin au fleuve étoit libre, mais Ahu'ì^hazi&bau. qui, comme on l’a vu, fait camper le Khan entre le Sultan & ie fleuve, rapporteque ce Prince voyant qu’il ne iui restoit plus guercs de monde, fit un denié-effort pourte faire jour à travers les Mongols , & qu’il gagna heureusement le bord du fleuve.
. f§) L’Anglois porte sept • luitie, tuais ue la'Croix, que l’Auteur fuit, dit sept-cens,du Î'JKA'O.
A.D.I.C,1221 .ìe rétinefie JenghizKhan.
Il paffèce Fleuve .
JenghizKhan/W-n ire.