37 5 HISTOIRE DE [/EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. V.
AiD.J.C. ses enfáns avec de grandes caresses, ils se mirent à genoux devant lui,lu 11224' baiserent la main, «se lui offrirent des présens considérables, mais ceux deLemne ou j U p sarpaffoient de beaucoup ceux de les freres : outre plusieursKhan 12 àoses rares, il donna cent-mille chevaux, blancs, gris-pommelés, bais-bruns, noirs & tigres, vingt-mille de chaque forte: de l'on côté le Khanleur ouvrit fes trésors, & les combla de biens. Ensuite il donna des festinspendant un mois, mais le plus somptueux fut au retour d'une chasse géné-rale , où l’on avoir tué plusieurs milliers de bêtes de toutes les especes;les Fauconniers fournirent austi abondamment de toutes sortes d’oifeaux.On y but non seulement du Balperinì, qui est une sorte d’Hydromel, duGriut ou Biere, du Kammez ou Kimis, mais encore des Vins exquis desPays Méridionaux , «se des Sorbecs , dont les Mogols avoient appris lacomposition chez les Persans.
Il tient Après cette grande fête, le Grand-Khan fit disposer toutes choses pourune Dieu tenir la Diette dans la Plaine de Tonkat. Quoique cette plaine ait septte avec lieues d'étendue, à peine pouvoit-elle contenir les tentes «se les équipagesgramk toug (-EUX qui dévoient être de l’Assemblée, où sc trouvèrent les Gou-ío.npe. verneurs des Provinces les plus éloignées, du Kitay, duMogolistan, duKarakitay, de Tûran «se d’íran. La plupart y avoient fait transporter leursmaisons portatives. Lorsqu’on eut marqué dans la plaine le quartier duKhan, qui avoit près de deux lieues de circuit, & que les rues, les pla-ces, les bazars ou marchés eurent été réglés , on dressa les tentes de faMaison. Celle qu’on avoit dreflée pour les séances de la Diette pouvoitcontenir au moins deux-mille personnes, «se pour la distijiguer des autreson la couvrit de blanc. Elle avoit deux grandes portes, f une sc nommoicla Porte Impériale, & étoit réservée à l’Empereur seul: l’autre s’appelloitla Porte Commune, à laquelle il y avoit des gardes pour la forme. Onéleva un Trône magnifique pour Jenghiz Khan , «se l’on ne manqua pas deplacer dans un lieu éminent le feutre noir fur lequel ce Prince s’étoit astislorsqu’on l’avoit proclamé Grand-Khan; & ce symbole de la premiere pau-vreté des Mongols a été en vénération parmi eux, tant que leur Empirea duré. ,
Quoique le luxe des Princes «se des grands Seigneurs Mogols ne fût pasencore alors parvenu au point où iì fut porté après la mort de JengbizKhan , il y avoit toutefois beaucoup de magnificence dans leurs habits,qui étoient semblables à ceux des Turcs, «se dans leurs équipages: les sel-les «se les harnois de leurs chevaux brilloient d’or «se de pierreries ; sor lestentes paroissoient des étendards de diverses couleurs, des plus riches é-toffes de soie ,, ce qui faisoit un grand effet. Quoique les affaires qu’il yavoit à régler dans un aussi vaste Empire que celui des Mongols, fussentnombreuses, Jagataï, Dépositaire desLoix d q Jenghiz Khan , les avoit mi-ses dans un fi bel ordre, qu’elles servirent à régler tout sans la moindredifficulté. Comme le Khan aímoit à parler en public, il prit occasion de-làde faire l’.éloge de fes Loix, auxquelles il attribua toutes ses victoires «setoutes ses conquêtes, dont il fit exactement le détail. Ensuite, pour don-nés une nouvelle preuve de sa grandeur, il ordonna qu’on fît entrer dans