DANS LE -MOGOLISTAN; Liv. V. Chap. L 411esprits. La muraille du côté occidental étoit défendue par un Généralnommé Tsû- li: cet Officier mal-intentionné alla trouver les Ministres, &leur demanda quelle résolution il convenoit de prendre, dans un tems oùl’Empereur abandonnoit fa Capitale & en vouloir retirer fa famille. Undes Ministres répondit, „ qu'il falloir fe battre, & mourir généreusement„ pour son Prince”. Cela Jeroit bon, répondit Tsûli, fi cela rcmédìoìt aumal: & là "dessus il se retira.
Peu de tems après Tsû li, suivi de quelques Officiers de son parti, fitcouper la tête aux Ministres & à dix grands Seigneurs, fous prétexte desauver le peuple ; il alla ensuite au Palais, & obligea l’impératrice meredenommer Régent un Prince qu’il lui indiqua; il se fit déclarer premier Mi-nistre & Général des armées, & donna les autres Charges à ses deux frè-res, & aux Officiers de son parti. En 1233 il résolue de rendre la villeaux Mongols, & s’y prit d’une façon fort extraordinaire. Ayant pris toutl’équìpage d’un Roi il sortit à la tête d’un grand nombre d’Officiers vêtusmagnifiquement, & alla au devant de Suputay, qui se préparoit à formerie siégé. Tsû-li rendit à ce Général les mêmes devoirs qu’un fils rend à sonpere, & lui prêta serment de fidélité. Suputay reçut à la tête de ses trou-pes ce Traître avec beaucoup d’honneurs. A son retour dans la ville il fitraser toutes les fortifications, sauter les tours & toutes les défenses: il fitgarder les Princes du Sang,& fe fit un Serrail des filles & des femmes desGrands qui avoient suivi l’Empereur à Quey-te-fu , s’étant saisi de tousles trésors de la ville & du Palais; il poussa la vanité jusqu’à vouloir éle-ver un monument de pierre, sur lequel il avoir dessein de faire graver tou-tes ses belles qualités, & principalement la maniéré dont il avoit sauvé lavie à touc le peuple; mais les obstacles qu’il rencontra ne lui permirentpas de pousser plus loin ce projet {a).
Pendant que Tsu-li bouleversent tout dans la Capitale, Pu-cha-quen enfaisoit à peu près autant à Quey-te-fu. L’Empereur avoit été obligé desacrifier Wan-yen (*) ou Pesa aux soldats, qui demandoient fa mort.Pu-cha-quen fut piqué au vif de voir que l'Empereur consoltoit Mayong ,qui étoit son ennemi, plus volontiers que lui. En vain Sheu voulut lesréconcilier, & ce Prince choqué de l’arrogance de Pu-cha-quen, qui étoitun soldat de fortune, le faisoit observer de près. L'Officier à qui il avoitdonné cette commission le trahit, & en avertit Pu- eba-quen, qui furieuxfit tuer Mayong avec trois-cens Officiers & trois-mille soldats; il osamême envoyer prendre auprès de l’Empereur un Mandarin, qu’il des-tinoit austi à la mort; le Prince irrité de cette nouvelle insolence dit qu’ilvouloir garder cet Officier, & que c’étoit presque le seul qui lui restâtpour le servir. Pu-cha-quen se présenta ensuite le sabre au côté, en luidisant que ceux qu’il avoit fait mourir n’étoient que des rebelles. Sheu,cédant à la force, fit semblant de le croire, & fut obligé de les déclarercoupables. 11 n’eut pas le courage de fe défaire de cet insolent, mais ac-quiesça
(«) Gaubil, p. 7§ 6c íuiv.
(*) Le titre de Wau-yen marque qu’il étoit Prince du Sang,
Fff *
A.D.I.C.
1233 -Le régnéd'O&ìyKhan //.Empereurdes Mo-gols.
Indigneprocéïlé deTsiVli.
Un nuireTraîtreinsulteVEmpe-reur,