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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LE -MOGOLISTAN; Liv. V. Chap. L 411esprits. La muraille du côté occidental étoit défendue par un Généralnommé Tsû- li: cet Officier mal-intentionné alla trouver les Ministres, &leur demanda quelle résolution il convenoit de prendre, dans un tems oùl’Empereur abandonnoit fa Capitale & en vouloir retirer fa famille. Undes Ministres répondit, „ qu'il falloir fe battre, & mourir généreusement„ pour son Prince”. Cela Jeroit bon, répondit Tsûli, fi cela rcmédìoìt aumal: & là "dessus il se retira.

Peu de tems après Tsû li, suivi de quelques Officiers de son parti, fitcouper la tête aux Ministres & à dix grands Seigneurs, fous prétexte desauver le peuple ; il alla ensuite au Palais, & obligea l’impératrice meredenommer Régent un Prince qu’il lui indiqua; il se fit déclarer premier Mi-nistre & Général des armées, & donna les autres Charges à ses deux frè-res, & aux Officiers de son parti. En 1233 il résolue de rendre la villeaux Mongols, & s’y prit d’une façon fort extraordinaire. Ayant pris toutl’équìpage d’un Roi il sortit à la tête d’un grand nombre d’Officiers vêtusmagnifiquement, & alla au devant de Suputay, qui se préparoit à formerie siégé. Tsû-li rendit à ce Général les mêmes devoirs qu’un fils rend à sonpere, & lui prêta serment de fidélité. Suputay reçut à la tête de ses trou-pes ce Traître avec beaucoup d’honneurs. A son retour dans la ville il fitraser toutes les fortifications, sauter les tours & toutes les défenses: il fitgarder les Princes du Sang,& fe fit un Serrail des filles & des femmes desGrands qui avoient suivi l’Empereur à Quey-te-fu , s’étant saisi de tousles trésors de la ville & du Palais; il poussa la vanité jusqu’à vouloir éle-ver un monument de pierre, sur lequel il avoir dessein de faire graver tou-tes ses belles qualités, & principalement la maniéré dont il avoit sauvé lavie à touc le peuple; mais les obstacles qu’il rencontra ne lui permirentpas de pousser plus loin ce projet {a).

Pendant que Tsu-li bouleversent tout dans la Capitale, Pu-cha-quen enfaisoit à peu près autant à Quey-te-fu. L’Empereur avoit été obligé desacrifier Wan-yen (*) ou Pesa aux soldats, qui demandoient fa mort.Pu-cha-quen fut piqué au vif de voir que l'Empereur consoltoit Mayong ,qui étoit son ennemi, plus volontiers que lui. En vain Sheu voulut lesréconcilier, & ce Prince choqué de l’arrogance de Pu-cha-quen, qui étoitun soldat de fortune, le faisoit observer de près. L'Officier à qui il avoitdonné cette commission le trahit, & en avertit Pu- eba-quen, qui furieuxfit tuer Mayong avec trois-cens Officiers & trois-mille soldats; il osamême envoyer prendre auprès de l’Empereur un Mandarin, qu’il des-tinoit austi à la mort; le Prince irrité de cette nouvelle insolence dit qu’ilvouloir garder cet Officier, & que c’étoit presque le seul qui lui restâtpour le servir. Pu-cha-quen se présenta ensuite le sabre au côté, en luidisant que ceux qu’il avoit fait mourir n’étoient que des rebelles. Sheu,cédant à la force, fit semblant de le croire, & fut obligé de les déclarercoupables. 11 n’eut pas le courage de fe défaire de cet insolent, mais ac-quiesça

(«) Gaubil, p. 7§ 6c íuiv.

(*) Le titre de Wau-yen marque qu’il étoit Prince du Sang,

Fff *

A.D.I.C.

1233 -Le régnéd'O&ìyKhan //.Empereurdes Mo-gols.

Indigneprocéïlé deTsiVli.

Un nuireTraîtreinsulteVEmpe-reur,