442 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
Section tL armée étoit Kya-tse-tao : cet homme élevé aux plus hautes Dignités dei. 1 Empire n’avoit presque aucun des talens nécessaires pour remplir les Char-L* r ^ ne ges donc il étoit honoré. II n’étoit ni aimé nì estimé des troupes ; lesKhan v Officiers ne pouvoient souffrir de se voir commandés par un homme fansEmpereur expérience , & souvent ils faisoient ouvertement des railleries sur le cou-dei Mo- rage de leur Général. Kya-tse-tao étoit d'ailleurs auíïi vindicatif que vain ;gols ,juf- p maltraitait quelquefois fans raison des Officiers de mérite , & n’avoitqu en aucun égard aux services dans la distribution des Emplois ; ce qui fut cau-I2?4 ' fe que beaucoup d’Officiers pensèrent dès lors à prendre parti parmi lesMongols, bien sûrs d’être mieux traités.
ll fait la Le Gouverneur de Ví-changfu amusa d’abord Hu-pi-lay par de faussespaix avec espérances, & il tua l’Officier que le Prince envoya pour traiter avec lui ;les Song. ma is il fut tué lui-même quelque tems après dans une sortie. Kya-tse-taomena la meilleure partie de larmee à Wang • cheu-su , & dans cette mar-che il fit voir que le courage n’étoit pas par où il brilloit. Lûvente , Gou-verneur de Se-chuen , reçut ordre au mois de Novembre de fe rendre àVu-chang-fu pour commander dans cette importante place. Le siégé avan-çoic , & la garnison avoit déja perdu beaucoup d'Officiers & de soldats.Kya-tse-tao , appréhendant tout des suites de la prise de cette ville , en-voya proposer des conditions de paix à Hû-pi-lay , dont l’une étoit quel’Empire des Long feroit tributaire de celui des Mongols ; mais Hu-pi-layn’y voulut pas entendre. En ce tems-là Kya-tse-tao apprit par un Courrierde Vangkyen ce qui s’étoit passé à Hocheu , & profita de cette occasionpour faire de nouvelles propositions. Hu-pi-lay eut auíïi avis certain quele Général Alantar travailloit à mettre fur le Trône son frété Alìpuko , &que plusieurs Princes & Seigneurs étoient de son parti. On assembla ungrand Conseil, & Hao-kjng, savant & sage Ministre, conseilla k Hû-pi-lay de faire la paix avec les Long, d’aller tenir sa Cour à Tcn-king , & dese faire proclamer Empereur. On s’en tint à cet avis, & Kya-tse-tao pro-mit de payer tous les ans vingt Van d’argent (*) & autant en foie, parforme de tribut, & en reconnoissance de la Souveraineté des Mongols furles Song. On convint des limites des deux Empires, & en conséquencede ce Traité Hu-pi-lay décampa & repassa Je Kyang. Hû-liang-kotay levaauíïi le siégé de Chang-shû , & passa la même riviere pour aller au Nord;mais quelques troupes de son armée ayant tardé jusqu’au mois de Février1260 à passer, Kya-tse-tao les fit tailler en pieces (f).
L’IIistoire représente ici Kya-tse-tao comme un des plus mauvais Minis-tres qui fut jamais. II fit un Traité honteux à l’Empire des Song & lecacha à son Maître l’Empereur Li-tjong (s), qui crut que c’étoit la valeur& la conduite de ce Général qui avoit fait retirer Hu-pi-lay ; & les cent-íoixante-dix soldats de l’armée de Hû-liyang-kotay , qui furent massacrés,
don-
(*) Un million de livres, ou environ cinquante-mille livres sterling.
(t) Un peu plus bas, 011 dit que leur nombre alloit à cent-íbixante-dix hommes.
(j) II étoit le quatorzième Empereur de la Dynastie des Song, quî regnoient dans laChine Méridionale. II y a eu en tout dix-huit Empereurs de cette Dynastie.