DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Chap, IV. U3
donnerent lieu au bruit qu’on répandit, que l’armée des Mongols avoir Sectiojsété défaite ; desorte qu’à la Cour de Hang-cheu on prodigua les louanges I.
& lès récompenses à Kya-tse-tao; & on ne í'avoit pas que ce que venoit de Le régnéfaire cet indigne Ministre, feroit bientôt la cause de la ruine de í’Empirefa).
Hu-pi-lay, après le Traité conclu avec le Ministre Song,partitduHû- f ilan ^quang avec ses meilleures troupes , & au mois de Décembre campa à la <%sM™ rvue de Tcn-kjng. Son retour causa une joie générale aux Peuples d uNord go!s,/V :qui fouhaitoient de le voir incessamment Empereur. La plupart des Prin- v j ’ ences de fa Maison, des Grands Chinois & Mongols, & fur-tout la PrincessedeHongkila ou Kongorat, fa premiere femme,le pressoient de fedéclarer lu-stpro-Empereur. Pendant que ce Prince paroissoit indécis fur le parti qu’il pren- clnmé E >»-droit, un Seigneur Mongol député par Hûlagû arriva , & fit au nom àt percur 'ce Prince de grandes instances pour faire proclamer Hu-pi-lay Empereur.
Enfin au mois d’Avril de l’an 1260, Moka , frété de Hu-pi-lay , Hatan fils IîCod 'Oiïay , que Mengko avoit exilé à Bishbaleg , Tachar petit-fils de Tyc-viûko , quatrième frere de Jenghiz Khan , le Député de Hûlagû , ceux debeaucoup d’autres Princes, & un grand nombre de Seigneurs Tartaress’assemblerent à la nouvelle ville de Kay -ping -f u en Tartarie, & déclarèrentHu-pi-lay Empereur des Mongols : ensuite ils le saluèrent comme tel &lestroupes en firent de même. Les Chinois firent par-tout de grandes réjouis-sances , & le nouveau Monarque ne songea qu’à choisir d’habiles Géné-raux, de bons Ministres, & fur - tout des gens sages, qui fissent valoir lesManufactures de foie, le Commerce & l’Agriculture.
Dans le même tems on confirma de tous côtés que le Prince Alipuko, ou AittbugaArihbuga , penfoit à se faire Empereur; qu’il avoit á Karakorom une grande aspire àarmée , commandée par Je Général Alantar ; qu’il étoit soutenu des Prin- EEm P ire -ces Asâtay , Tu-long-ta-she , & Siliki , trois fils de Meng-ko, & de quelquesautres ; & que beaucoup d'Officiers, qui servoient dans les Provinces deSe-chuen & de Chen-si, etoient dans ses intérêts. Hu-pi-lay ordonna à sesGénéraux en I artane de lui rendre un compte exact de ce qu’ils fauroiencdes intrigues de son Compétiteur. Dans la Chine, entre autres Seigneursde confiance il se servit de Lyen-bi-byen , natif du Pays des Igûrs , deChang-ting qui étoit Chinois ,& de Chao-lyang-po du Pays deÀfy- uche (*).
Il nomma Hi-hyen le premier Gouverneur Général du Chen-lì & du Le-chuen, & lui donna une bonne armée. Hi-hyen étoit aussi'bon Ministrequ’habile Général, fort savant, & il avoit une mémoire prodigieuse Cequi prouve son mérite, c’elt que le Prince Hatan demanda à servir sous lui.
Alipuko n etoit pas oisif de son côté, il envoya le Général Alantar dansles Provinces Septentrionales de la lartarie avec de grolTes sommes d’ar-gent & quantité de soiries pour gagner les Chefs des Tribus. When-tû-hay , Gouverneur de Lûpan , où Jenghiz Khan mourut., avoit soixante-mille hommes à fa dévotion ; il fe joignit au Gouverneur de Ching - tu-fû ,
Capitale du Se-chuen ; d’auCres Officiers du parti d 'Alipuko fe saisirent de
Long-
Ca) Gauíil, Hiít. de Gentchisc. p. 123-126.
(*) Ou Ny-cbe; c’esl le Pays des Kins & des Manchéoús, qui font descendus desKins,
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