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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LE MOGOLISTAN. Lrv. V. Chap. IV. 449

ractere- à'Marna , & ne manquèrent pas d’en instruire l’Empereur. Cbang-nen-kyen fit voir en particulier qu’il étoit contre la raison'& la coutume desoustraire les Douanes à la juridiction des Ministres. Hu-pi-lay suivit à cetégard l’avis des Chinois, & Marna usa de mille artifices pour se vengerd’euxj il fit remettre de grosses sommes à l’Empereur, en lui faisant en-tendre que c’étoit le fruit de sa bonne administration, tandis que c’étoitde l’argent volé aux peuples par ses Commis, gens fans honneur, & quiétoient des voleurs publics. II ne ceílòit de solliciter les Seigneurs Mon-gols de se plaindre que les Chinois avoient trop de pouvoir. Mais Tao-shu & Hyu-heng avoient encore plus d’esprit & d’adresse qu Marna, dé.couvroient toutes ses fourberies, & avoient grand foin de les faire con-noître au Prince Cheng-king, fils de Hu-pi-lay, qu’ii destinoit à l’Empire,dont il ne fut déclaré cependant héritier qu’en 1273.

Ahama fut bien mortifié de voir l’illustre Tao-shu déclaré premier Mi-nistre au mois de Janvier 1263. Ce Seigneur, un des plus savans hommesqu’ayent eu les Chinois, conseilla à Hu-pi-lay de fonder dans tous les Paysde ses vastes Etats des Colleges & des Académies pour élever la JeunesseLux Sciences, aux Arts, & aux Bonnes Mœurs. L’Empereur lui-même fen-toit l’ignorance qui regnoit assez généralement parmi les Seigneurs Mon-gols, & il avoit honte de voir la différence qu’il y avoir entre eux & lesChinois, & les gens d’Occident qui étoient en grand nombre à fa Cour.Les Mongols ne fa voient manier que le sabre & Tare, & toute leur scienceaboutissoit à quelque connoissance des chevaux. Hu-pi-lay commença parfaire bien élever les Princes ses enfans. Chao-pi, natif de Tay-tong-fu .,avoit déja traduit en Langue Mongole une partie des Livres Classiques, &Hyu-cheng fit en la même Langue un Abrégé de l’Histoire & delaChrono-logie Chinoise (*). L’Empereur donnoit ces Livres à apprendre aux Mon-gols , & il ne dédaignoit pas de les interroger lui - même fur celui de Hyu-heng.

Inobservation des cérémonies en l’honneur de leurs ancêtres est dans laChine une affaire d’Etat, & e’est un devoir dont les Empereurs eux-mê*mes ne sont pas dispensés. Hu-pi-lay fit bâtir á J’honneur de ses ancêtres**n magnifique Palais (f), & au mois de Mars,de Tannée 1263 il y alla enpersonne leur rendre ses devoirs (J) ; il fut le premier Prince Mongol quifit cette cérémonie à la Chinoise. II ordonna aux Bonzes & aux Lamasde réciter sept jours & sept nuits les prières de leur Fo (p), & depuis celas’observa tous les ans (§).

Lyeu-

(*') II mettoit entre la premìere année d u Roi Tao b la premìere de Hu-pi-lay précisé-ment le même nombre d’années que le P. Couplet. Gaubil.

(f) Le Palais public où les Empereurs Chinois honorent leurs ancêtres, s’appelle Taymiao.

Leurs noms étoient. i. Lye-lfu ou Tcfuhay. 2. Tay-tfu ou Jtngbiz Khan. 3. Tay-ìfoug ou Oâay. 4. Cbu-cbi ou jfuji. 5. Chabatay ou Jagatay. 6 . Jui-tsong ou Toîey. 7. Tin-ifing ou Quey-yeu , c’est-à-dire Kayuk Khan. 8. Hyen-tsong ou Mengko ÍLban. Gaubil.

(|) Fo est le nom de I’obj'et du Culte des Bonzes Chinois appellés llocbang. Je ne fard’où le nom de Fo est venu; dans le Tibet les Lamas donnent à Fo celui de La. Gaubil.

( 5 ) J e ne àrois rendre raison, dit le P. Gaubil. 1. Pourquoi Hu-pi-lay ne parle d’au-cun de ses ancêtres avant Tesukay. 2. Pourquoi il ne parle pas des ’freres Jengbiz Khan.

Tome XVII. L il 3 ’ PoL,r '

Sectioh

I,

Le régnéde KublayKhan V.Empereurde s Mo-gols, jus-qu'en

1274.

Ignorancedes Mon-gols.

Palah desAncêtres.