DANS LE MOGOLISTAN. Lrv. V. Chap. IV. 449
ractere- à'Marna , & ne manquèrent pas d’en instruire l’Empereur. Cbang-nen-kyen fit voir en particulier qu’il étoit contre la raison'& la coutume desoustraire les Douanes à la juridiction des Ministres. Hu-pi-lay suivit à cetégard l’avis des Chinois, & Marna usa de mille artifices pour se vengerd’euxj il fit remettre de grosses sommes à l’Empereur, en lui faisant en-tendre que c’étoit le fruit de sa bonne administration, tandis que c’étoitde l’argent volé aux peuples par ses Commis, gens fans honneur, & quiétoient des voleurs publics. II ne ceílòit de solliciter les Seigneurs Mon-gols de se plaindre que les Chinois avoient trop de pouvoir. Mais Tao-shu & Hyu-heng avoient encore plus d’esprit & d’adresse qu Marna, dé.couvroient toutes ses fourberies, & avoient grand foin de les faire con-noître au Prince Cheng-king, fils de Hu-pi-lay, qu’ii destinoit à l’Empire,dont il ne fut déclaré cependant héritier qu’en 1273.
Ahama fut bien mortifié de voir l’illustre Tao-shu déclaré premier Mi-nistre au mois de Janvier 1263. Ce Seigneur, un des plus savans hommesqu’ayent eu les Chinois, conseilla à Hu-pi-lay de fonder dans tous les Paysde ses vastes Etats des Colleges & des Académies pour élever la JeunesseLux Sciences, aux Arts, & aux Bonnes Mœurs. L’Empereur lui-même fen-toit l’ignorance qui regnoit assez généralement parmi les Seigneurs Mon-gols, & il avoit honte de voir la différence qu’il y avoir entre eux & lesChinois, & les gens d’Occident qui étoient en grand nombre à fa Cour.Les Mongols ne fa voient manier que le sabre & Tare, & toute leur scienceaboutissoit à quelque connoissance des chevaux. Hu-pi-lay commença parfaire bien élever les Princes ses enfans. Chao-pi, natif de Tay-tong-fu .,avoit déja traduit en Langue Mongole une partie des Livres Classiques, &Hyu-cheng fit en la même Langue un Abrégé de l’Histoire & delaChrono-logie Chinoise (*). L’Empereur donnoit ces Livres à apprendre aux Mon-gols , & il ne dédaignoit pas de les interroger lui - même fur celui de Hyu-heng.
Inobservation des cérémonies en l’honneur de leurs ancêtres est dans laChine une affaire d’Etat, & e’est un devoir dont les Empereurs eux-mê*mes ne sont pas dispensés. Hu-pi-lay fit bâtir á J’honneur de ses ancêtres**n magnifique Palais (f), & au mois de Mars,de Tannée 1263 il y alla enpersonne leur rendre ses devoirs (J) ; il fut le premier Prince Mongol quifit cette cérémonie à la Chinoise. II ordonna aux Bonzes & aux Lamasde réciter sept jours & sept nuits les prières de leur Fo (p), & depuis celas’observa tous les ans (§).
Lyeu-
(*') II mettoit entre la premìere année d u Roi Tao b la premìere de Hu-pi-lay précisé-ment le même nombre d’années que le P. Couplet. Gaubil.
(f) Le Palais public où les Empereurs Chinois honorent leurs ancêtres, s’appelle Taymiao.
Leurs noms étoient. i. Lye-lfu ou Tcfuhay. 2. Tay-tfu ou Jtngbiz Khan. 3. Tay-ìfoug ou Oâay. 4. Cbu-cbi ou jfuji. 5. Chabatay ou Jagatay. 6 . Jui-tsong ou Toîey. 7. Tin-ifing ou Quey-yeu , c’est-à-dire Kayuk Khan. 8. Hyen-tsong ou Mengko ÍLban. Gaubil.
(|) Fo est le nom de I’obj'et du Culte des Bonzes Chinois appellés llocbang. Je ne fard’où le nom de Fo est venu; dans le Tibet les Lamas donnent à Fo celui de La. Gaubil.
( 5 ) J e ne àrois rendre raison, dit le P. Gaubil. 1. Pourquoi Hu-pi-lay ne parle d’au-cun de ses ancêtres avant Tesukay. 2. Pourquoi il ne parle pas des ’freres Jengbiz Khan.
Tome XVII. L il 3 ’ PoL,r '
Sectioh
I,
Le régnéde KublayKhan V.Empereurde s Mo-gols, jus-qu'en
1274.
Ignorancedes Mon-gols.
Palah desAncêtres.