DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Chap. IV. 453
sent propres. II chargea de cette commission Pasepa , Chef des Lamas, Sectionqui.connoissoit non feulement ies Caractères Chinois & ceux des Lamas, Lmais encore ceux du Tibet, appelìés Caractères duTangut, ceux d’Igûr, H rdes Indes , & de plusieurs Pays de f Occident de l’Asie. Pasepa examina Khan fJavec foin la nature de ces différens Caractères, & ce qu ris avoient de Empereurcommode & d’incommode; il rejetta les Chinois, qui représentent l’idée *•' Mo 'des choses, & ne pensa qu a ceux qui sont propres à exprimer les sons; il S°, ls »/“/"*en fit mille , avec des réglés pour leur prononciation , leur figure & ] a ‘sssmaniéré de les écrire. Hu-pi-ìay fut si content du travail de Pasepa , qu’e-n- 1 —.
• 1269 il déclara ce Lama Regulo , & dans la Patente qu’il lui donna il lui 1263»
prodiguoit les éloges. Au mois de Février l’Empereur ordonna par un E-dit public qu’on se servît dans tous les Tribunaux de ces Caractères, quifurent appelìés les nouveaux CaraEtcres Mongols. D’abord les Mongols, quiétoient accoutumés à ceux des ígûrs, & les Chinois prévenus en faveurdes leurs, eurent quelque peine à apprendre ceux de Pasepa.
Au mois de Mars, Hya-quey Général des Long entra dans la riviere de Syang-Han, avec une grande flotte chargée d’un nombre infini de soldats; ayant y an g^*vu la contenance d,es Mongols il ne jugea pas à-propos d’en venir auK C0UIU ' umains, & se retira , non sans perte. Mais le Han s’étant débordé en au*tomne, Hya-quey profita de Pinondation, & entra dans Syang-yang avectoute forte de munitions & de provisions , malgré John , qui le défit ce-pendant à son retour. Depuis que Luvente s’écoit laissé duper par Lyeu~cbtng , il étoit inconsolable d’avoir sait une fl lourde faute ; & Je siégé deSyang-yang lui causa tant de chagrin, qu il mourut au mois de Décembre.
La perte de ce Général fut un coup mortel pour les affaires des Song, &les Mongols contre leur coutume ne prenoient tant de précautions devantSyang-yang , que parce qu’ils redoutaient l’nabileté , la vigilance & lavaleur de Luvente , & qu’ils se souvenaient du mal qu’il leur avait faitdans le 8e-chuen.
En 1270 Marna commença à craindre la probité & l’esprit de plusieurs Crédit 1grands Seigneurs qui étoient à la Cour. II avoit trouvé moyen de rendre ^'Ahama,.suspecte la fidélité de Lyen-hyien, & de l’éloigner du Ministre; mais ce fi.sss rMinistre s’étant justifié rentra dans fa Charge, & se ligua plus que jamais ^hyenTavec les Grands Chinois pour perdre Marna. Celui - ci accusa Hihyen denégligence, de ce qu il avoit laissé un Officier en prison , après que l’Em-pereur avoit ordonné de l’élargir. Sur les plaintes qu Mania porta contrekii, Hihyen fut cassé,& renvoyé chez lui,où il vivoit en Philosophe. Hu-pi-lay demanda un jour aux Seigneurs de fa Cour, que peut faire Hyhiendans fa maison ? Marna prit la parole & dit, qu'î! paffoit son rems en co-médies & en festins. L’Empereur, choqué de ce discours, répliqua que Hi-hyen étoit trop pauvre pour penser à des festins & à des comédies.
Hihyen , quoiqu’étranger, étoit en grande considération' parmi les Let-trés Chinois , parcequ’il faisoit profession de suivre la doctrine de Consu-eius. 11 étoit ennemi des Mahométans, des Tao-tse & des Bonzes, maisfur-tout des Lamas. Un Tao-tse, qui étoit bien venu á la Cour, voulutpersuader à l’Empereur de boire- d’une liqueur, qui selon les principes de
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