DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Chap. IV. 45i?SECTION 11
Victoires de Peyen, V destruction de la Dynastie des Song par ce grand Capitaine.
T)eyen fut salué Généralissime auprès de Sang-yang par les Officiers, SectionA qui furent charmés de la maniéré donc il prit possession de fa nouvelle II-Dignité. Lu-vcn-whang fut nommé pour commander les troupes dedébarquement, l’armée marcha vers Ganlo, & au mois d’Octobre elle vint Khan F.camper à l’Ouest de cette place, que le Han sépare de Sinin. On avoit Encreurtendu des chaînes de fer, & attaché ensemble de grandes barques, qui à à.sermoient la riviere,- on avoit aussi enfoncé de grosses poutres liées Jes
unes aux autres. D’ailleurs les murailles de Ganlo étoient de bonne pierre, -_ —
& la ville étoit pourvue de toutes sortes de munitions de guerre & de' Peyen fibouche & d’une grosse garnison, & Char.g-chi-kyay étoit retranché dans le cam i >c nu ’voisinage avec une bonne armée. Nonobstant tout cela les Généraux ç ès f eétoient d’avis d’attaquer la place & l’armée des Song, mais Peyen , après ™avoir tenu un grand conseil & interrogé les prisonniers qu 'Achu avoit faitss’avisa d’une manœuvre à laquelle on ne s’attendoit pas. II fit couper unegrande quantité de bois & de bambous, & ordonna au Général Litimd’attaquer 1e poste de JVhan-kya-wan. Ce poste emporté, Peyen se servitde son bois & de ses bambous pour faire transporter les barques dans leLac de Teng ,d’où elles entrer en t dans le Han au-dessous de Ganlo (a). Undes principaux Officiers de la garnison de cette ville s’étant retiré à la têtede deux - mille hommes à T/uen-tfe-hu , fut battu après s’être défenduvaillamment, & tué par Peyen lui • même. Ensuite ce Général s’avança versCbayang , & à la faveur d’un grand vent qui 's’éleva le soir, il brûla lesmaisons par le moyen de ses Kin-shi-Pao (*) & la ville fut prise. Aprèscela on assiégea Sinchìng vis - à- vis de Ganlo. Pienku forcit à cheval, &courant à toute bride tira des fléchés de côté & d'autre, blessa & démontaLu - tien - whang, & l’obligea de fe retirer. Ce Capitaine revint à la chargeavec de nouvelles troupes, mais Pienku le fit encore reculer avec ses armesà feu (f). Lu-ven-whang, commanda alors tout son monde, A ses gensen montant les uns fur les épaules des autres donnèrent l’assaut, & serendirent maîtres de la place le second de Décembre. Pienku, après s’êtrevigoureusement défendu, se perça lui-même de son épée, & se précipitademi-mort dans le feu. Trois-mille hommes, qu’il commandoit, combat-tirent en désespérés, & moururent tous les armes à la main. Peyen eut lacuriosité de voir les corps morts, qui fe trouvèrent percés de plusieurs coups,
& ce Général & tous les autres admirèrent un si grand courage.
Cette année il y eut de grands troubles dans les villes de Watovan (f).
d’/r-
(a) Gaubil, p. 156 & íuiv.
(*) Kin , métal, Chi, suc, métal fondu. Pao. Je ne saî ce que c’esl. Gaubil.
(f) On ne dit pas quelles étoient ces armes à feu. Gaubil,
(I) Gaubil dit qu’il ne fait quelle est cette ville , mais il croît que Fahilkan ou GmUkan est la ville àblrghen , & Hasbebaeul celle de liasbgar dans la petite Bllkharie.
M m m 2