494 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHANSection ^ étoit de mille vaisseaux, y compris ceux de charge& les autres,&étoitiii. pourvue de provisions pour un an. Shepi, natif du district de Paotingfû dansLe régné le Pecheli, la commandoit en Chef ; Kaobing de Juningfû dans le Honanê^oit Général des troupes, Tehemishe natif du Pays d’Igûr commandoit lesEmpereur Matelots. Ce dernier & Sbepi avoient déja fait le voyage des Indes , &des Mo- entendoient la langue de Quava.
gols, de- La Flotte mit à la voile dans le mois de Décembre , & porta directe-puhip.19 men t vers la partie méridionale duTongking, qui confine à îa Cochinchi-irt^^ ne i on rangea une côte montagneuse, & on entra dans la Mer de IVhen-m0> ' tun (*) ; on vint à la vue de certaines montagnes (f) , où l’on coupa dubois pour faire de petites barques, & au mois de Septembre de fan 1293les troupes débarquèrent par le moyen de ces petites barques.
Defcrip- Le Royaume de Quava est voisin de celui de Kolang. Des Livres detion Je ce Géographie Chinoise disent que Quava est un nom donné du tems des T-vens au Pays appelle anciennement Tupo , qui est représenté comme unegrande Isle dans la Mer qui est au Sud de la Chine, & que les Bonzes det'o nomment le Royaume des Otiey ou le Royaume des Esprits ; mais onne dit rien de la situation de ce Pays des Quey; d’autres donnent à enten-dre que Ouava n’est pas loin du Royaume de Camboye. Une grande Car-te générale faite par ordre de l'Empereur Kanghi , que l’on conserve avecsoin dans le Palais, & fur laquelle ce Monarque fit mettre les noms queles Chinois ont donnés aux Pays qu’ils ont connus hors du leur; cette Car-te , dis-je, a ces caractères de Quava fur une bonne partie de la Fres-quiste des Indes où est Cochin ; mais le P. Gaubìì ne croie pas que ce soitle Quava dont il est question ici. II est plus porté à croire qu’il s’agitdeTlste de Bornéo , parce qu’une Flotte Chinoise montée de trente-millehommes n’auroit pu aller en soixante-huit jours de Cochin à Tsuencheuíftdans le Fokien ; quoiqu’il avoue que la plupart des Géographies Chinoisesreprésentent très - mal les distances & le gisement des Istes des Côtes desIndes , de Perse & d’Arabie ; il est vrai qu’avec quelque attention sur cequi est rapporté de ces Pays , il y en a plusieurs qu’il est facile de recon-nu! tre. Revenons à l’Histoire.
Le Gêné- Tanaykyalay Roi de Quava venoic de faire la guerre à Hacbikafá Roirai Mon- de Kolang, & avoir été tué. Tûhanpitûye son gendre entreprit inutilementgo \trompé à continuer la guerre, & échoua dans tous lès desseins. Quand il appritpar k Roi. \’ an q v ée de Shepi, & ce qui l’amenoit, il se rendit à lui & lui offrit toutce qu’il a volt; c étoit un fourbe, qui cherchoit à tromper les Chinois,pen-dant qu’il prenoit fous main des mesures pour ruiner leur armée. II donnaà Shepi une Carte du Royaume de Kolang, & lui persuada d’en faire laconquête , promettant de joindre ses troupes à celles du Général Mongol.Shepi ajouta foi à tout ce que lui difoic ce Prince, laissa des Officiers pour
gar-
(*) C’esl-A-dire Chaos immense; c’est vraisemblablement le grand Océan. Griníil-(t) De Iíanlan, de Yukja, de Limata & de Keulang. Gauhil. O11 ne dit pas en quelPays étiolent ces montagnes, mais noas conjecturons qu’íiies étoient dans le Royaumede Quava.