DANS LE MOGOLÎSTAN. Liv. V. Chai*. IV. 495
garder la Flotte, & partagea ses troupes en trois corps pour aller attaquer SectionTaske, Capitale du Kolang. Les Chinois trouvèrent une armée de cent- íll.nulle hommes, qui leur disputa le terrain ; la bataille dura depuis le lever Le re ë nedu Soleil jusqu a midi; les troupes de Kolang furent battues , & fe retire- ^ Kllb jfyrent dans la ville. Le Roi ne voulut pas soutenir un siégé , il sortit L vint SLwse rendre avec sa femme & ses enfans, & on les fit mourir. des Mo.
Tûhanpìtûye demanda de retourner dans son Royaume ; Kaohìng s’y oppo- gols, de-fa, mais Shepi & Tehemishe y consentirent, ik ils ne furent pas long-tems^"*à s’en repentir. L’année suivante (*) ce Prince se dédit de tout ce qu’ilavoir promis, ne voulut en rien reconnoître les ordres de Shepi, & vint —avec des forces considérables l’attaquer, pour tâcher de lui couper la re- I293 'traite vers ses vaisseaux, qui étoient éloignés de trente lieues. Shepi, quivit trop tard qu’il étoit trahi, se défendit avec beaucoup de valeur, & fitfa retraite avec beaucoup d’ordre vers la mer, & s’étant rembarqué avectout son monde, en soixante-huit jours arriva à TJùencbeufû. J1 perdittrois-mille hommes dans cette expédition, mais il fit un grand butin en or& en pierreries. L’Empereur le punit de même que Tehemishe , & confis-qua les deux tiers de leurs biens pour n’avoir pas suivi ses ordres & avoirlaissé échapper Tûhanpitûye. Mais comme c’étoient de bons Officiers, onleur pardonna bientôt, ik les Grands Chinois étoient contens d’avoìr faitvoir au Roi de Outma & aux autres, que malgré l’éloignement ils étoienten état de se venger des affronts qu’on oseroit leur faire.
Le Général Peyen avoit jusques-là maintenu la Tartarie dans l’obéissan- Peyen estce , malgré la puissance & les efforts de Haytû & des autres Princes de la rappelle.Famille Impériale. L’Empereur étoit parfaitement instruit de ses services,
& penfoit à les récompenser d’une façon éclatante. Mais plusieurs Grands,jaloux de la gloire de ce Général, dirent à Hu-pi-lay qu’il étoit dangereuxde laisser Peyen si long - tems à la tête des troupes de TaK-.rîe , & lui fi-rent même entendre que sous main il étoit d’intelligence avec Haytû.L’Empereur savoit très-bien que la jalousie dictoit ce langage , mais il nefit semblant de rien. Au mois de Juin il dit qu’il vouloit déclarer TimûrHéritier présomptif, & lui ordonna de se préparer à aller incessammentcommander l’armée contre Haytû. Le Général Tuji Temur sut nommé poursuccéder à Peyen , qui reçut ordre de se rendre à ìaytonfû, dèsque Timûrseroit arrivé à Karakorom. Ce Prince ne se pressa pas d’arriver au CampImpérial, parcequ’il aimoit Peyen , & étoit très-éloigné de croire ce qu’ondisoit contre lui : il savoit d’ailleurs que ce Général étoit mieux instruitque lui de la maniéré de faire tète à Haytû; Tufi Temur penfoit commeTimûr. Peyen informé de tout se comporta comme s’il ignoroit ce qui scpassoit : il décampa de Karakorom, & alla au Nord au devant de l’arméede Haytû , qui fut encore battu & obligé de se retirer.
Peu de jours après la bataille Timûr & le nouveau Général arrivèrentau camp. Timûr en présence des Officiers notifia à Peyen les ordres del’Empereur, & lui ordonna d’aller à Taytongfû dans le Chansi, pour y at-
ten-
(*) Au mois de Janvier de cette année on acheva á Tatû les bâtimens du Chetfi. Gaulil.