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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LE MOGOLÎSTAN. Liv. V. Chai*. IV. 495

garder la Flotte, & partagea ses troupes en trois corps pour aller attaquer SectionTaske, Capitale du Kolang. Les Chinois trouvèrent une armée de cent- íll.nulle hommes, qui leur disputa le terrain ; la bataille dura depuis le lever Le re ë nedu Soleil jusqu a midi; les troupes de Kolang furent battues , & fe retire- ^ Kllb jfyrent dans la ville. Le Roi ne voulut pas soutenir un siégé , il sortit L vint SLwse rendre avec sa femme & ses enfans, & on les fit mourir. des Mo.

Tûhanpìtûye demanda de retourner dans son Royaume ; Kaohìng s’y oppo- gols, de-fa, mais Shepi & Tehemishe y consentirent, ik ils ne furent pas long-tems^"*à s’en repentir. L’année suivante (*) ce Prince se dédit de tout ce qu’ilavoir promis, ne voulut en rien reconnoître les ordres de Shepi, & vint —avec des forces considérables l’attaquer, pour tâcher de lui couper la re- I293 'traite vers ses vaisseaux, qui étoient éloignés de trente lieues. Shepi, quivit trop tard qu’il étoit trahi, se défendit avec beaucoup de valeur, & fitfa retraite avec beaucoup d’ordre vers la mer, & s’étant rembarqué avectout son monde, en soixante-huit jours arriva à TJùencbeufû. J1 perdittrois-mille hommes dans cette expédition, mais il fit un grand butin en or& en pierreries. L’Empereur le punit de même que Tehemishe , & confis-qua les deux tiers de leurs biens pour n’avoir pas suivi ses ordres & avoirlaissé échapper Tûhanpitûye. Mais comme c’étoient de bons Officiers, onleur pardonna bientôt, ik les Grands Chinois étoient contens d’avoìr faitvoir au Roi de Outma & aux autres, que malgré l’éloignement ils étoienten état de se venger des affronts qu’on oseroit leur faire.

Le Général Peyen avoit jusques-là maintenu la Tartarie dans l’obéissan- Peyen estce , malgré la puissance & les efforts de Haytû & des autres Princes de la rappelle.Famille Impériale. L’Empereur étoit parfaitement instruit de ses services,

& penfoit à les récompenser d’une façon éclatante. Mais plusieurs Grands,jaloux de la gloire de ce Général, dirent à Hu-pi-lay qu’il étoit dangereuxde laisser Peyen si long - tems à la tête des troupes de TaK-.rîe , & lui fi-rent même entendre que sous main il étoit d’intelligence avec Haytû.L’Empereur savoit très-bien que la jalousie dictoit ce langage , mais il nefit semblant de rien. Au mois de Juin il dit qu’il vouloit déclarer TimûrHéritier présomptif, & lui ordonna de se préparer à aller incessammentcommander l’armée contre Haytû. Le Général Tuji Temur sut nommé poursuccéder à Peyen , qui reçut ordre de se rendre à ìaytonfû, dèsque Timûrseroit arrivé à Karakorom. Ce Prince ne se pressa pas d’arriver au CampImpérial, parcequ’il aimoit Peyen , & étoit très-éloigné de croire ce qu’ondisoit contre lui : il savoit d’ailleurs que ce Général étoit mieux instruitque lui de la maniéré de faire tète à Haytû; Tufi Temur penfoit commeTimûr. Peyen informé de tout se comporta comme s’il ignoroit ce qui scpassoit : il décampa de Karakorom, & alla au Nord au devant de l’arméede Haytû , qui fut encore battu & obligé de se retirer.

Peu de jours après la bataille Timûr & le nouveau Général arrivèrentau camp. Timûr en présence des Officiers notifia à Peyen les ordres del’Empereur, & lui ordonna d’aller à Taytongfû dans le Chansi, pour y at-

ten-

(*) Au mois de Janvier de cette année on acheva á Tatû les bâtimens du Chetfi. Gaulil.