DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chap. VI. 505CHAPITRE VI.
Le Régné de Hayshan, appellé VÛtsong par les Chinois.
L or.sq.ue TE mpereur Timitr mourut, Hayshan fils aîné de Tàlamapala Ie re S*>e(*) fils de Chengkìn , fils àeHu-pi-lay , étoit Lieutenant-Général en Tar- í** 12 ? 5 'tarie, & à la tête d’une puissante armée au Nord de Rarakorom. Ce vu’tsonPrince étoit estimé de la plupart des Princes de fa famille, qu’il avoit vus - 5 ‘
en Tartarie, &s’étoic acquis de la réputation dans la guerre contre Haytu. HayshanII avoit aussi beaucoup de partisans parmi les Grands, dont plusieurs x.k, ^P Uem _ emoîgnerent le désir qu’ils avoient de le voir Empereur; & il ne paroît pas t ‘ m $ e ' cur 'que personne pensât à mettre quelqu’un des fils de Kanmala , fils aîné deChengkìn , fur le Trône. L’Impératrìce Peyeu, Veuve de Timur, avoitconçu de la haine contre une Princesse de fa maison, femme du PrinceTalamapala , & la fit releguer à Whaycheu, aujourd’hui JVheykiyfu , dansle Honan, avec. son fils Ayyulipalipata ; elle étoit auffi mere de Hayshan ,qui fut très - fâché de la savoir en exil, mais i! fut obligé de dissimuler sonchagrin. L’Impératrice, craignant tout du ressentiment d q Hayshan s’il de*venoit Empereur, fit venir le Ministre Aoutay> le Prince Mingli Timur &plusieurs autres Princes & Grands de fa Cour, & leur proposa pour Em-pereur le Prince Honanta , fils aine de Mangkola , troisième fils de Hu-pi-lay,qui gouvernoit alors le Chensi, le Sechuen & le Tibet, comme avoit faitle Prince son pere; il faifoit fa résidence ordinaire à Siganfu, Capitale dela premiere de ces Provinces. Honanta entra aisément dans léss vues dePeyeu y & sc rendit en poste à Tatû, tandis que les Princes & les Seigneursdu parti de l’Impératrice prirent des mesures poux empêcher le retour deHayshan .
t premiere chose qu’ils firent, fut d’aller au Palais prier l’Impératrice Honantad’abattre le rideau (f), pour donner les audiences & gouverner l’Empire^^".jufqu’à l’installation de Honanta. Aoutay assembla ensuite les Grands auPa-^f^*'lais des Ancêtres, & fous prétexte de délibérer fur la succession, ils fedifpofoient à faire par force les cérémonies qu’on fait ordinairement aprèsqu’on a reconnu un nouvel Empereur. Deux grands Mandarins s’oppo-serent à cette entreprise, soutinrent qu’il falloit auparavant voir le nomdu nouvel Empereur. Ilouhey, un des premiers Mandarins, en dit autant.
Aoutay fe mit en colere, & menaça de mort les Seigneurs oppofans; maisils tinrent ferme, & f assemblée sc dissipa.
D’autre côté Alaasun comme premier Ministre se saisit du Sceau des Tri- Politiquebunaux, fit fermer le Trésor, & les chambres où étoient les habits & les f Álai -
7 . íun»
joyaux
(*) Ce nom & les autres, quoique Tartarcs, étant copiés d’après les caractères Chi-nois , s’éloignent plus ou moins de la véritable prononciation; & nous ne pouvons lesdonner selon la véritable ortographe, pareeque Gaubìl ne J’a point fait, & que nous n’easavons presque rien d’ailleurs.
(t) On fait ici allusion à une ancienne Coutume Chinoise observée par les Princessesqui gouvernoient pendant la minorité des Princes leurs fils. Gaubìl.
Tome XVII. Sss