Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
505
JPEG-Download
 

DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chap. VI. 505CHAPITRE VI.

Le Régné de Hayshan, appellé VÛtsong par les Chinois.

L or.sq.ue TE mpereur Timitr mourut, Hayshan fils aîné de Tàlamapala Ie re S*>e(*) fils de Chengkìn , fils àeHu-pi-lay , étoit Lieutenant-Général en Tar- í** 12 ? 5 'tarie, & à la tête d’une puissante armée au Nord de Rarakorom. Ce vu’tsonPrince étoit estimé de la plupart des Princes de fa famille, qu’il avoit vus - 5 ‘

en Tartarie, &s’étoic acquis de la réputation dans la guerre contre Haytu. HayshanII avoit aussi beaucoup de partisans parmi les Grands, dont plusieurs x.k, ^P Uem _ emoîgnerent le désir qu’ils avoient de le voir Empereur; & il ne paroît pas t ‘ m $ e ' cur 'que personne pensât à mettre quelqu’un des fils de Kanmala , fils aîné deChengkìn , fur le Trône. L’Impératrìce Peyeu, Veuve de Timur, avoitconçu de la haine contre une Princesse de fa maison, femme du PrinceTalamapala , & la fit releguer à Whaycheu, aujourd’hui JVheykiyfu , dansle Honan, avec. son fils Ayyulipalipata ; elle étoit auffi mere de Hayshan ,qui fut très - fâché de la savoir en exil, mais i! fut obligé de dissimuler sonchagrin. L’Impératrice, craignant tout du ressentiment d q Hayshan s’il de*venoit Empereur, fit venir le Ministre Aoutay> le Prince Mingli Timur &plusieurs autres Princes & Grands de fa Cour, & leur proposa pour Em-pereur le Prince Honanta , fils aine de Mangkola , troisième fils de Hu-pi-lay,qui gouvernoit alors le Chensi, le Sechuen & le Tibet, comme avoit faitle Prince son pere; il faifoit fa résidence ordinaire à Siganfu, Capitale dela premiere de ces Provinces. Honanta entra aisément dans léss vues dePeyeu y & sc rendit en poste à Tatû, tandis que les Princes & les Seigneursdu parti de l’Impératrice prirent des mesures poux empêcher le retour deHayshan .

t premiere chose qu’ils firent, fut d’aller au Palais prier l’Impératrice Honantad’abattre le rideau (f), pour donner les audiences & gouverner l’Empire^^".jufqu’à l’installation de Honanta. Aoutay assembla ensuite les Grands auPa-^f^*'lais des Ancêtres, & fous prétexte de délibérer fur la succession, ils fedifpofoient à faire par force les cérémonies qu’on fait ordinairement aprèsqu’on a reconnu un nouvel Empereur. Deux grands Mandarins s’oppo-serent à cette entreprise, soutinrent qu’il falloit auparavant voir le nomdu nouvel Empereur. Ilouhey, un des premiers Mandarins, en dit autant.

Aoutay fe mit en colere, & menaça de mort les Seigneurs oppofans; maisils tinrent ferme, & f assemblée sc dissipa.

D’autre côté Alaasun comme premier Ministre se saisit du Sceau des Tri- Politiquebunaux, fit fermer le Trésor, & les chambres où étoient les habits & les f Álai -

7 . íun»

joyaux

(*) Ce nom & les autres, quoique Tartarcs, étant copiés d’après les caractères Chi-nois , s’éloignent plus ou moins de la véritable prononciation; & nous ne pouvons lesdonner selon la véritable ortographe, pareeque Gaubìl ne J’a point fait, & que nous n’easavons presque rien d’ailleurs.

(t) On fait ici allusion à une ancienne Coutume Chinoise observée par les Princessesqui gouvernoient pendant la minorité des Princes leurs fils. Gaubìl.

Tome XVII. Sss