Histoiredes Mon-gols de-puis leurexpulsionde la Chi-ne &c.
II d avan-ce vers iaChine.
Combat lesChinois.
572 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHANtout-à-fait contraire : ainsi, pour s’assurer une protection qui le mît en sû-reté, il offrit à l'Empereur de se faire à perpétuité son vassal, avec sonfrere, sa famille & ses sujets, & d’engager même tous les autres Kalkas àsuivre son exemple. Pendant que cette affaire se négocioit, plusieurs desautres Princes Lràr recherchèrent la protection de Kang-ht fous la mêmecondition. Tchetching Khan étant mort cette même année, fa veuve sup-plia pareillement l’Empereur de recevoir son fils au nombre de ses vassaux,& de lui donner l’Investiture & le Titre de Khan , qu’on lui accorda à con-dition qu’il ne pafferoit pas à ses descendans. Kang-hi exhorta le Roi desEluths à ne pas pouffer plus loin une vengeance qui devoit être satisfaitepar l’état déplorable où il avoit réduit ses ennemis. Kaldan répondit enco-re , que l’Empereur étoit lui-même intéressé à punir des perfides qui a-voient rompu un Traité, dont il étoit le garand aussi bien que le Dalaì La-ma ; il ajoutoit néanmoins qu’il étoit prêt à mettre bas les armes, pourvuque le Lama Kalka fût remis entre les mains du Daìai Lama pour en êtrejugé , l’Empereur croyant qu’il étoit indigne de fa grandeur d’abandon-ner des Princes qui étoient venus chercher un azyle chez lui ; Tailleurs,n’ayant plus rien à craindre de la part des Russes , avec lesquels il venoitde conclure la paix à Nipocheu ou Nerchinskoy , il prit les Princes Kalkasfous fa protection , & leur marqua un lieu dans ses terres de Tartarie,pòur s’y établir ; c’est ce qui donna occasion à la guerre qui s’alluma entrelui & le Roi de Eluths ( a ).
Ce Prince vint vers la fin de Juillet de Tannée 1690 à la tête de quel-ques troupes peu nombreuses, mais fort aguerries jusques fur les frontiè-res de l'Empire. 11 tua ou fit esclaves tout ce qu’il trouva de Kalkas cam-pés le long de la rivière de Iíerlon , qu’il avoit suivie pour la commoditédu fourrage; & il alla chercher les meurtriers de son frere jusques dans lelieu même où l’Empereur leur avoit donné une retraite. Au premier bruitde la marche de Kaldan , l’Empereur rassembla toutes les troupes des Mon-gols , qui étoient assujettis depuis le commencement de la Monarchie desMantchéous, & qui s’étant campés presque immédiatement au dehors dela grande muraille, font comme les gardes avancées de l’Empire. II joi-gnit à ces Mongols quelques soldats Mantchéous , qui servoient d’escorteau Président du Tribunal de la Milice & à celui du Tribunal des Mongols,qu’il avoit envoyés fur les frontières pour observer les mouvemens des E-luths. Ces deux Présidens amusèrent le Roi Eluth par des négociations,dans le dessein de le surprendre dans son camp ; & lorsqu’il ne se défioit derien ils l’attaquerent pendant la nuit, mais ils furent vigoureusement re-poussés , & poursuivis jusques fur les terres de l’Empire, où ils se mirenten sûreté, en gagnant les montagnes.
Kang-hi ayant appris cette nouvelle fit partir une grosse armée de Pe-king , qu’il eut d’abord dessein de commander en personne ; mais sur lesremontrances de son Conseil il changea de résolution, & en donna le com-mandement à son frere aine , qu’il nomma Généralissime , & il le fit ac«
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(<*) Gerbillon, ap. DuIIalclc, T. IV, p, 57—60.