DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chap. XIII. 573
compagner par son fils aine. Kaìdan étoit campé avantageusement à qua- Histointre-vingt lieues environ de Peking , & quoiqu’il manquât d’artiilerie & «foMon-qu’il n’eût que peu de troupes, il attendit les Chinois de pied ferme. D’a- f°! s ^bord son avant-garde souffrit beaucoup du canon ennemi, ce qui l’obligea^ a ^«de changer de poste pour la mettre hors d’insulte; & comme il s’étoitpla- deiaChi-cé derriere un grand marais qui fempêchoit d’être investi , il se défendit ne à c.avec une bravoure incroyable jusqu à, la nuit, que chacun se retira dans -
son camp (*). L’oncle maternel de l’Êmpereur, qui faisoit la charge deGrand-Maître de ]’Artillerie,fut tué d’un coup de mousquet vers la fin dela bataille, lorfqu’ii donnòit ses ordres pour retirer le canon.
Les jours fui van r se paiferent en négociations départ & d’autre,& en- Conclut unfin on convint que Kaìdan auroit la liberté de se retirer avec les siens ; mais ’ luntLon lui fit jurer auparavant devant son Fo , qu’il ne reviendroit jamais furles terres de f Empereur ni de ses vassaux. Dans fa retraite une partie deson armée périt de faim & de mifere ;& Ion neveu Tse-vang Raptan , qu’ilavoit laissé dans ses Etats pour les garder, les abandonna, & fe retira fortloin avec tous ceux qui voulurent le suivre. Ce fut un coup mortel pourKaìdan , il fut trois ou quatre ans à rétablir son armée (f). Cependant,quand les Généraux de l’Armée Impériale furent de retour à Peking , oncommença à instruire leur procès, quoiqu’ils enflent eu l’avantage du com-bat : c’est une Loi parmi les Mantchéous , qu’un Général qui livre bataille& qui ne remporte pas une victoire complette, est censé coupable & doitêtre puni. Le frere de l’Empereur & quelques, autres Officiers-Générauxfurent condamnés à perdre trois années de leur revenu , & les autres fu-rent abbaissés de cinq degrés. Si l’Empereur ne les avoit favorisés, ils au-roient été punis bien plus sévèrement. Ce Prince honora extraordinaire-ment la mémoire de son oncle , qui avoit été tué dans faction ; il conser-va à son fils ainé ses Charges ; oc récompensa pareillement tous ceux quis’étoient distingués, & les parens de ceux qui étoient morts dans le com-bat , ou qui y avoient été blessés. L’année suivante Kang-hí alla tenir lesEtats dans la Tartarie ; ce fut alors que les Princes Ralkas lui rendirentd’un commun accord folemnellement hommage.
Le Roi des Eluths demeura jusqu’en Tannée 1694 dans le Pays qui avoit 11 r ecom-appartenu autrefois à Tchasaktou Kan & à Tuchetcu Khan. Après avoir ré- l f stabli son armée il parcourut les bords du Keflon , enlevant tout ce qu’il b ° ‘ U Uy trouvoit de Kalkas; il s’avança même jusques fur les frontières du Paysde Korchin , d’où il envoya solliciter le principal Prince de fe joindre à luicontre les Mantchéous. „ N’est-il pas indigne, lui écrivoit-il, que nous de-„ venions les esclaves de ceux dont nous avons été les maîtres ? Nous
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(*) Suivant Bentink , le Roi des Eluths défit les uns après les autres divers corps en-voyés par Amulon Bogeloy Khan; c’eít ainsi que les Ruíîès appellent les Empereurs Mant-chéous de la Chine : il ajoute, que les troupes de Kaìdan étoient íi braves, ou celles del’Empereur íì mauvaises que dans une rencontre mille Kalmuques ou Eluths battirentvinat-mille Chinois, & dans une autre dix-mille en mirent en déroute quatre-vingt-mille.
(t) Elle ne peut donc avoir été aussi peu nombreuse qu’ou le dit: çlle avoit peut-êtresouilcr t auparavant dans son c-xpédition,
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