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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chap. XIII. 573

compagner par son fils aine. Kaìdan étoit campé avantageusement à qua- Histointre-vingt lieues environ de Peking , & quoiqu’il manquât d’artiilerie & «foMon-qu’il n’eût que peu de troupes, il attendit les Chinois de pied ferme. D’a- f°! s ^bord son avant-garde souffrit beaucoup du canon ennemi, ce qui l’obligea^ a ^«de changer de poste pour la mettre hors d’insulte; & comme il s’étoitpla- deiaChi-cé derriere un grand marais qui fempêchoit d’être investi , il se défendit ne à c.avec une bravoure incroyable jusqu à, la nuit, que chacun se retira dans -

son camp (*). L’oncle maternel de l’Êmpereur, qui faisoit la charge deGrand-Maître de ]’Artillerie,fut tué d’un coup de mousquet vers la fin dela bataille, lorfqu’ii donnòit ses ordres pour retirer le canon.

Les jours fui van r se paiferent en négociations départ & d’autre,& en- Conclut unfin on convint que Kaìdan auroit la liberté de se retirer avec les siens ; mais ’ luntLon lui fit jurer auparavant devant son Fo , qu’il ne reviendroit jamais furles terres de f Empereur ni de ses vassaux. Dans fa retraite une partie deson armée périt de faim & de mifere ;& Ion neveu Tse-vang Raptan , qu’ilavoit laissé dans ses Etats pour les garder, les abandonna, & fe retira fortloin avec tous ceux qui voulurent le suivre. Ce fut un coup mortel pourKaìdan , il fut trois ou quatre ans à rétablir son armée (f). Cependant,quand les Généraux de l’Armée Impériale furent de retour à Peking , oncommença à instruire leur procès, quoiqu’ils enflent eu l’avantage du com-bat : c’est une Loi parmi les Mantchéous , qu’un Général qui livre bataille& qui ne remporte pas une victoire complette, est censé coupable & doitêtre puni. Le frere de l’Empereur & quelques, autres Officiers-Générauxfurent condamnés à perdre trois années de leur revenu , & les autres fu-rent abbaissés de cinq degrés. Si l’Empereur ne les avoit favorisés, ils au-roient été punis bien plus sévèrement. Ce Prince honora extraordinaire-ment la mémoire de son oncle , qui avoit été tué dans faction ; il conser-va à son fils ainé ses Charges ; oc récompensa pareillement tous ceux quis’étoient distingués, & les parens de ceux qui étoient morts dans le com-bat , ou qui y avoient été blessés. L’année suivante Kang-hí alla tenir lesEtats dans la Tartarie ; ce fut alors que les Princes Ralkas lui rendirentd’un commun accord folemnellement hommage.

Le Roi des Eluths demeura jusqu’en Tannée 1694 dans le Pays qui avoit 11 r ecom-appartenu autrefois à Tchasaktou Kan & à Tuchetcu Khan. Après avoir ré- l f stabli son armée il parcourut les bords du Keflon , enlevant tout ce qu’il b ° ‘ U Uy trouvoit de Kalkas; il s’avança même jusques fur les frontières du Paysde Korchin , d’où il envoya solliciter le principal Prince de fe joindre à luicontre les Mantchéous. „ N’est-il pas indigne, lui écrivoit-il, que nous de-„ venions les esclaves de ceux dont nous avons été les maîtres ? Nous

,, som-

(*) Suivant Bentink , le Roi des Eluths défit les uns après les autres divers corps en-voyés par Amulon Bogeloy Khan; c’eít ainsi que les Ruíîès appellent les Empereurs Mant-chéous de la Chine : il ajoute, que les troupes de Kaìdan étoient íi braves, ou celles del’Empereur íì mauvaises que dans une rencontre mille Kalmuques ou Eluths battirentvinat-mille Chinois, & dans une autre dix-mille en mirent en déroute quatre-vingt-mille.

(t) Elle ne peut donc avoir été aussi peu nombreuse qu’ou le dit: çlle avoit peut-êtresouilcr t auparavant dans son c-xpédition,

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