Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
574
JPEG-Download
 

574 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHANHistoire ,, sommes Mongols, nous suivons une même Loi ; nous devons donc unir» nos ^rces pour reconquérir un Empire qui est notre héritage. JeTJslenr " veux ^' etl P arta g er la gloire & le fruit de mes conquêtes avec ceux quicxpitijïoh ïî auront partage le peru. Mais auíii s il arrive ) ce que je ne puis mede la chî- ,, persuader, que quelques-uns des Princes Mongols soient assez lâchesIie &c ‘ ,, pour vouloir toujours être asservis aux Mantehéous nos ennemis com-

' ,, nruns , qu’ils s’attendent à éprouver le premier effort de mes armes”.

Le Roi de Korchin donna en cette occasion une preuve de la fidélité qu’ilavoit jurée à l’Empereur; il lui envoya la Lettre du Roi Eluth; elle don-na quelque inquiétude à ce Prince ; car quoiqu’il fût bien que les Eluthsétoient trop suivies pour oser l’attaquer, il craignoit néanmoins la réuniondes Princes Mongols , soutenus du Dalaì Lama : il résolut donc ou d’ex-terminer les Eluths , ou de les contraindre par la force de ses armes à unepaix durable & solide.

Il est mis Ce fut dans cette vue qu’en 1696 il fit entrer trois armées en Tartarie,en dérou- asm d’envelopper les Eluths de toutes parts (*) ; une de ses armées rem-te > porta une victoire complette , tandis que celle que commandoit l’Empe-reur jettoit par-tout l’épouvante. Enfin cette année-là & la suivante ì! a-cheva de détruire , de soumettre, ou de dissiper tous ces Tartares. Ladestruction des Eluths fut si grande dans cette guerre , qu’il ne resta dansces vastes Contrées que dix ou douze-mille familles ; la mort de Kaldnn ,qui arriva en 1697, lorsque l’Empereur alloic le chercher dans le fond defa retraite, acheva de ruiner tout-à-fait cette Nation, deforte que ces restesinfortunés d ’Eluths furent obligés de venir implorer la clémence de FEm-pereur, ou de se retirer auprès de Tse-vang Rapt an , le seul Prince de leurNation qui restoit. Cette guerre ayant été terminée ainsi, Kang-hï devint,dit-on , le maître absolu de l’Empire des Kalkas & des Eluths , & étenditfa domination dans la Tartarie juíqu’aux grands Déserts & aux Forêts, quifont les frontières de la Russie («). Mais cela doit s’entendie principale-ment des terres que les Eluths avoient conquises fur les Kalkas , à F Orientdu Mont May ; car il ne paroît point que les Chinois ayent fait de con-quêtes dans le Pays qui est à FOccident de cette montagne,dont Tse-vangRapt an demeura en possession.

Histoire Après avoir conduit jusqu'à notre tems r Histoire des deux premieresE- branches de Mongols, savoir les Mongols proprement dits, & les Kalkas, ilut s ’ nous reste à faire celle des Eluths j niais ici nos Mémoires font encoreplus imparfaits^ . On ne voit par aucun des Auteurs que nous avons puconsulter jusqu ici, ni quand ni à quelle occasion les Tribus Mongoles com-prises fous le nom d’Eluths , se rendirent indépendantes des Khans Mon-gols , qui regnoient à Karakorom , ou dans FOrient de la Tartarie , &prirent le nom d'Eluths ; ni par quels degrés ils font parvenus à être assezpuislans, pour être supérieurs aux deux autres branches des Mongols. Une

seu-

(<*) Gerbillon , ap. Du Halde, T. IV. p. 49 > 62, 6z.

(*) Bentink dit que son armée «toit de trois-cens-mille hommes, & qu’eîle avoit troií*CCJ1S pieces de canon.