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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V: Chaï. XIII. 575

seule circonstance pourrojt répandre quelque jour sur ce sujet, si l’on Histoireétoic assuré que tous les Khans des Eluchs ont été de la même famille que ikí Mou-le premier; c’est que ces Khans ne descendent point de Jcnghiz Khan , S o!s f-'mais de Tinnir Beg ou Tamerlan : car de-là il s’ensuivroit que leur Empiren’a commencé qu’après Tannée 1400, peut-être vers le tems de Tong-lo , dJia'Cïû-lequel ayant réduit au petit pied les successeurs de Hu-pi-lay ou Kublay , & ne Sc-ies Mongols dans l'Orient , fournit à ceux qui étoient plus éloignés versTOccident Toccasion favorable de fe rendre indépendans , & de créer unGrand Khan de leur Nation.

Quoi q u’il en foie, on ne trouve rien de considérable touchant les Ekihs , Malheurqu’ii y a environ quatre-vingts ans (*); on dit qu’en ce tems-là tous lesEhiths n’avoient qu’un Chef ou Roi nommé Otchirtou-Tche-tcbwg Kan . Le à».Prince Âblay. son frere s’étant révolté contre lui fut défait, & obligé de feretirer bien loin vers la Sibérie. 11 y avoit fous ce Roi plusieurs petitsPrinces de fa Maison, qui s’appelloient Taikis ou Taigbi , ôí que les Ruf-siens nomment Taicba & Taichi;ces Taikis étoient absolument maîtres dansleurs terres, & rendoient à leur Roi tel hommage, & lui payoient teltribut qu’ils le jugeoient à propos. L’un de ces Taikis , nomm é Paturouhum,étoic tort riche, & s’étoìt acquis beaucoup de réputation parmi les siensdans la guerre du Tibet. 11 laissa en mourant plusieurs enfans; Tains, ap-pèilé Oncbon , lui succéda. Dans le tems que ce Prince faiioit la guerre auxHajfaks Bouroutes (f), il tomba malade de la petite vérole dans Ton camp,

& selon la coutume que les Mongols observent dans cette maladie, onlaissa Oncbon seul dans fa tente. Les Tartares Mahométans, qui étoientpostés vis-à-vis des Eluths, les ayant vu décamper, ne manquèrent pas devenir le lendemain dans le camp abandonné, & ayant trouvé le Princemalade, ils en prirent tant de foin qu'il fe rétablit.

Comme ce Prince ne jugea pas à propos de fe faire connoître, on le Il est tutgarda comme un simple esclave pendant trois ans, & dans cet intervalle?^'8eng-Sengha son frere, ne doutant point de fa mort, épousa sa femme. A la fin hi ‘Oncbon se fit connoître aux HaJJak r, & leur ayant promis avec fermentque s’iis le mettoient en liberté il ne leur feroit plus la guerre, ils le ren-voyèrent & lui donnerent cent hommes pour lui servir d’escorte jusquesfur ses terres. Etant arrivé fur 1 a frontière de ses Etats, il dépêcha unCourrier à son frere Sengba , pour l’informer de ses avantures & de son re-tour. Celui-ci, surpris d’une nouvelle si peu attendue, consulta sa femmesur ce q u’il feroit dans une pareille conjoncture. Elle lui répondit qu’ellene-Tavoit épousé que dans la persuasion que son premier mari n’étoit plu-sen vie, mais que puifqu'i! étoit vivant elle ne pouvoit fe dispenser de re-tourner avec lui. Sengba , également passionné & ambitieux, fit partir des

gens

(*) C’est-à-dire à compter du tems où Du (laide écrivoit, & non de celui de CerbìUm,autrement il faudrait remonter jusques vers Fan i 6 io,ce qui feroit trop haut pour Je perede Kaldan: nous supposons donc que [che-tthing Khan regnoit vers Tannée 16500111655.

(f) C’est le nom q ue les Mutin donnent au *Tanares Uzheks. qui en revanche leurdonnent ie sobriquet de Kaltuuhi & c’est d’eux qtie co nom a passé à nous par le canaldes Ruíiìens.