DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V: Chaï. XIII. 575
seule circonstance pourrojt répandre quelque jour sur ce sujet, si l’on Histoireétoic assuré que tous les Khans des Eluchs ont été de la même famille que ikí Mou-le premier; c’est que ces Khans ne descendent point de Jcnghiz Khan , S o!s f-'mais de Tinnir Beg ou Tamerlan : car de-là il s’ensuivroit que leur Empiren’a commencé qu’après Tannée 1400, peut-être vers le tems de Tong-lo , dJia'Cïû-lequel ayant réduit au petit pied les successeurs de Hu-pi-lay ou Kublay , & ne Sc-ies Mongols dans l'Orient , fournit à ceux qui étoient plus éloignés versTOccident Toccasion favorable de fe rendre indépendans , & de créer unGrand Khan de leur Nation.
Quoi q u’il en foie, on ne trouve rien de considérable touchant les Ekihs , Malheurqu’ii y a environ quatre-vingts ans (*); on dit qu’en ce tems-là tous lesEhiths n’avoient qu’un Chef ou Roi nommé Otchirtou-Tche-tcbwg Kan . Le à».Prince Âblay. son frere s’étant révolté contre lui fut défait, & obligé de feretirer bien loin vers la Sibérie. 11 y avoit fous ce Roi plusieurs petitsPrinces de fa Maison, qui s’appelloient Taikis ou Taigbi , ôí que les Ruf-siens nomment Taicba & Taichi;ces Taikis étoient absolument maîtres dansleurs terres, & rendoient à leur Roi tel hommage, & lui payoient teltribut qu’ils le jugeoient à propos. L’un de ces Taikis , nomm é Paturouhum,étoic tort riche, & s’étoìt acquis beaucoup de réputation parmi les siensdans la guerre du Tibet. 11 laissa en mourant plusieurs enfans; Tains, ap-pèilé Oncbon , lui succéda. Dans le tems que ce Prince faiioit la guerre auxHajfaks Bouroutes (f), il tomba malade de la petite vérole dans Ton camp,
& selon la coutume que les Mongols observent dans cette maladie, onlaissa Oncbon seul dans fa tente. Les Tartares Mahométans, qui étoientpostés vis-à-vis des Eluths, les ayant vu décamper, ne manquèrent pas devenir le lendemain dans le camp abandonné, & ayant trouvé le Princemalade, ils en prirent tant de foin qu'il fe rétablit.
Comme ce Prince ne jugea pas à propos de fe faire connoître, on le Il est tutgarda comme un simple esclave pendant trois ans, & dans cet intervalle?^'8eng-Sengha son frere, ne doutant point de fa mort, épousa sa femme. A la fin hi ‘Oncbon se fit connoître aux HaJJak r, & leur ayant promis avec fermentque s’iis le mettoient en liberté il ne leur feroit plus la guerre, ils le ren-voyèrent & lui donnerent cent hommes pour lui servir d’escorte jusquesfur ses terres. Etant arrivé fur 1 a frontière de ses Etats, il dépêcha unCourrier à son frere Sengba , pour l’informer de ses avantures & de son re-tour. Celui-ci, surpris d’une nouvelle si peu attendue, consulta sa femmesur ce q u’il feroit dans une pareille conjoncture. Elle lui répondit qu’ellene-Tavoit épousé que dans la persuasion que son premier mari n’étoit plu-sen vie, mais que puifqu'i! étoit vivant elle ne pouvoit fe dispenser de re-tourner avec lui. Sengba , également passionné & ambitieux, fit partir des
gens
(*) C’est-à-dire à compter du tems où Du (laide écrivoit, & non de celui de CerbìUm,autrement il faudrait remonter jusques vers Fan i 6 io,ce qui feroit trop haut pour Je perede Kaldan: nous supposons donc que [che-tthing Khan regnoit vers Tannée 16500111655.
(f) C’est le nom q ue les Mutin donnent au *Tanares Uzheks. qui en revanche leurdonnent ie sobriquet de Kaltuuhi & c’est d’eux qtie co nom a passé à nous par le canaldes Ruíiìens.