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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Ciiap. XIII. 577la perte de la derniere bataille n’affligea pas autant le Roi Elutb, que la Histoiremort de Guni ou Ani fa femme, qui fut tuée dans fa fuite. Le corps de Mon-cette Princesse ayant été trouvé parmi les morts, l’Empereur lui fit couperla tête pour la faire servir d’ornement à son triomphe. Les provisions & Expulsionle fourrage commençant à manquer dans les montagnes voisines, où Kaldan de la Chi-s’étoic sauvé avec peine, il y vit périr de misere la plus grande partie de ne &c.fes troupes & de fes chevaux, deíòrte qu’il retourna presque seul dans ses 1

Etats, où il «passa deux ans dans l’humiliation, exposé aux reproches defes sujets. Le tems lui fit comprendre qu’il n’avoit plus rien à fe promet-tre que de la négociation : il envoya donc Septenbalde son fils vers le DaìaìLama pour lui demander fa médiation, qu’il avoit ci-devant méprisée.

Mais ylbd'olla Beg, Gouverneur de la ville de Khamul (*), quoique sujetdu Khan des Eluths , arrêta ce Prince avec fa petite fuite, lorfqu’il passoicdans son Gouvernement, & le fit conduire à l’Empereur de la Chine, quilui fit couper la tête, & confirma le Traître dans le poste qu’il occupoit.

La nouvelle de ce désastre jetta le Khan dans un affreux désespoir; il lls'emptd-assembla tous fes sujets, & les exhorta à vivre en paix; ensuite leur don- í ûnne -nant la liberté de fe retirer, il avala du poison & mourut. Telle fut la finde Bosto Khan , Prince d’un courage & d’un génie distingués, qui s’étoitrendu redoutable à fes ennemis par un grand nombre de succès, & s’étoitacquis beaucoup de gloire.

Kaldan eut pour successeur Tse-vang Raptan (f) son neveu, fils aine Raptande Sengha. On a dit que Raptan avoit quitté la Cour de son oncle pen- E>” “cveudant qu’il étoit occupé à faire la guerre; & en amenant avec lui la plus l J“st ttcce 'grande partie de fes sujets, il fit beaucoup de tort à fes affaires (a). Voicile sujet de fa retraite. Une Princesse fille d ’Otchirtou lui avoit été pro-mise en mariage; elle plut à Kaldan, & il l’enleva: non content d’avoirfait cette injustice à son neveu, il aposta des assassins, qui ayant ordre dele tuer manquèrent leur coup A lui creverent seulement un œil. Mais àn-tink dit qu’u n de fes esclaves lui creva l’œil par accident, étant à lachasse, & qu’il s’enfuit un peu avant la guerre de 1688, pour toute uneautre raison. Le Khan faiíbit élever à fa Cour trois fils de son frere : ilconçut une violente aversion pour l’ainé de ces Princes, & ne trouvantaucun prétexte pour lui ôter la vie, il fe servit d’un homme fort vigou-reux, qui en feignant de lutter avec lui, le traita si rudement, qu’il enmourut peu de jours après. Zigan Araptan , le plus jeune des trois Prin-ces, allarmé de cet accident, quelque effort que le Khan fît pour le faire

pas-

(<j) Bentìnk , ap. Ahu'lghazi Khan, p. 252 & suiv.

(*) Khamil ou Ilami , ainsi que prononcent les Chinois, est à l’extrémité orientale dela petite Bukharie, & fur le bord du grand Désert , qui la sépare de ia Chine.

(f) C’est le nom sous lequel il est connu des Chinois , & peut-être des Mongols sujetsde la Chine. Bentìnk l’appelle Zigan Araptan, qui est le nom dont se fervent les Russiens.

Quel est le véritable nom, si même l’un des deux l’est, c’est ce que nous ne pouvons dire,toutes les Nations ayant la mauvaise coutume de défigurer les noms ou d’en donner. Ce-pendant celui d ’ Araptan, Raptan ou Rabdan , appartient certainement à ce Prince; peut-être Zigan est-il une corruption de Tse-vang.

Tome KKIL ’ Dddd