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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LA GRANDE E-UKHARIE. Liv. VII. Chap. I. 6oz

partage la Grande Bukharie & le Karazm > ces Provinces ont porté le nom Dtscrip-de Ja^atay , & les Tartares ou Mongols qui suivirent ce Prince, se sont tiondeia.nommés 'lartares Jagatays , jusqu’à ce que Shabakt Sultan ayant chassé les jjjjgj®descendans de Timur Bek ou Tamcrlan ,1e nom de jagatays fit place à ce- .lui à'Uzbeks. Cependant nos Géographes continuent à donner le nom deJagatay à la Grande Bukharie , quoiqu’il ait cessé d’être en usage depuisplus de deux fiecles. Cependant on s’en sert encore pour distinguer lesTartares qui ont été les premiers maîtres de ce Pays, d’avec ceux quil’occupent aujourd’hui ; ce qui n’empêche pas qu’étant mêlés les uns avecles autres ils ne fassent un même Corps fous Je nom général à'Uzbeks .

D’autre côté les troupes & les grands Officiers du Grand Mogol portentle nom de Jagatays parmi les Orientaux, parceque ce furent les Jagataysqui firent la conquête de cet Empire (a) fous le Sultan Babr, après qu’ileut été chassé de la Grande Bukharie.

3. Tartares Uzbeks de la GRANDE BUKHARIE.

Les Uzbeks qui possèdent ce Pays passent généralement pour les plus Habits &civilisés des Tartares Mahométans , quoiqu’ils soient auffi grands voleurs Nourrítu-que les autres. A l’exception de leurs bottes qui font fort grossières, leur Uz 'habillement pour les deux Sexes est le même que celui des Persans, mais Dei3,il n’a pas tant de grâce. Leurs Chefs portent fur le turban une plume deHéron. Le Pillau, qui est du ris bouilli à J a maniéré ordinaire des Orien-taux & la Chair de cheval, font leurs mets les plus exquis ; & le Kumis& l’Árak deux liqueurs tirées du lait de jument, leur boisson ordinaire.

Leur Langue est un mélange de Turc, de Persan & de Mongol ; cepen-dant les Persans & eux s’entendent fort bien. Leurs armes font les mêmesque celles des autres Tartares, c’est-à-dire le sabre, le dard, la lance, &des arcs d’une grandeur extraordinaire, qu’ils manient avec beaucoup deforce & d’adresse. Ils ont commencé depuis quelque tems à fe servir demousquets, à la maniéré des Persans. Lorfqu’ils vont à la guerre une gran-de partie de leur Cavalerie porte des cottes de maille, & un petit bouclierpour fe garantir des coups de sabre.

Les Tartares de la Grande Bukharie fe piquent d etre les plus braves & Bsfintles plus robustes de tous les Tartares ; & ii faut effectivement qu’ils ayentbeaucoup de bravoure, puisque les Persans mêmes, qui font naturellement 0 ' e %fors vaillans, ne laissent pas de les redouter en quelque façon. Leurs fem-mes mêmes prétendent à la gloire du courage militaire. Bernicr rapportelà-dessus un conte fort romanesque , que lui fit un Ambassadeur du Khande Samarkant à la Cour à’/Jureng-zeb. Ce qu’il y a de vrai, c'est que lesfemmes des Tartares de la Grande Bukharie vont souvent à la guerre avecleurs maris, & ne craignent pas d’en venir aux mains dans l’occafion. Laplupart font très-bien faites & assez jolies, il s’en trouve même qui passe-ment pour des beautés parfaites dans tous les Pays d u Monde.

Les

(pì) Bcniitìk, ap. Âbu'lgbazi Khan, p. í>77»

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