Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
609
JPEG-Download
 

DANS LA GRANDE BUKHARIÉ. Liv. VII. Ciiap. II. 609

Indes, en Perse & en Russie. Ceux qui traitent avec eux sans être fur Desctip.leurs gardes, font fins d’êtrepris pour dupes. twniela

L’habillement des Hommes est peu différent de celui des Tartares. -

portent des robes qui leur tombent jusqu’au milieu des jambes, avec des an e 'manches fort larges vers les épaules & ferrées autour du coude. Leurs cein- Lmr Ha~turcs ressemblent à celles des Polonois, L’habit des Femmes est exactement billemm.Ie même que celui des Hommes, & piqué ordinairement de coton. Leurspendans-d’oreilles n’ont pas moins d’un pied de long. Elles partagent leurscheveux en tresses, qu elles allongent avec des rubans noirs, brodés dorou d'argent, & par de grandes touffes d’argent ou de foie, qui leur pen-dent jufqu’aux talons (*)• Trois autres touffes moins grandes leur cou-vrent le sein. Elles portent des colliers faits de perles, de petites piecesde monnoye, & de plusieurs autres bijoux dorés ou argentés, qui ontbeaucoup d’éclat. Les deux Sexes portent aussi de petits sacs de cuir, quicontiennent des prières écrites par leurs Prêtres, quais regardent commede précieuses reliques.

Les jeunes Filles & quelques Femmes fe teignent les ongles de rouge,avec le jus d’une herbe, que les .Bukhares nomment Kern-, ils la fechent& la pulvérisent, la mêlent avec de la poudre d’alun, & vingt-quatre heu-res avant que de s’en servir ils l’expofent à l’air. Cette couleur dure long.tems. Les Hommes & les Femmes portent des caleçons fort étroits, <&des bottes de cuir de Russie fort légéres, fans talons & fans femelles; quandils sortent ils mettent une forte de galloches ou de sandales à la maniérédes Turcs. Leurs bonnets font aussi les mêmes pour les deux Sexes, ex-cepté que les femmes enrichissent les leurs de petites pieces de monnoye& de perles Chinoises. Les femmes ne font distinguées des filles que parune longue bande de toile quelles portent fous leurs bonnets, & qui feroule autour du cou pour former par derrière un nœud, dont l’un des boutsleur tombe jufqu’à la ceinture (a).

Les maisons des Bukhares font de pierre, & ne font pas mal bâties, Maìsom^fmais leurs meubles font en petit nombre, & ne font pas fort beaux; on n’y Meubles.voit que quelques coffres de la Chine garnis de fer , fur lesquels ils met-tent pendant le jour les matelats qui leur fervent la nuit, en les couvrantd’un tapis de cotton de différentes couleurs. Ils ont aussi des rideaux or-nés de fleurs & d’autres figures, & une forte de châlit d’une demi-aunede hauteur & long de quatre aunes, qu’ils couvrent d’un tapis pendant lejour. Us fe couchent tout-à-fait nuds, mais ils s’habillent toujours en sor-tant du lit.

Us sont extrêmement propres fur leurs alimens, qui fe préparent dans Leurla chambre du Maître par des esclaves, qu’ils achettent des Kalmuques, Nourrítu»des Ruffiens & d’autres Nations voisines, ou qu’ils leur enlevent. On voit re 'dans ces chambres, suivant que la famille est nombreuse, quantité de pots

de

(a) Abu'lghazi llbam , x. 476 & suiv.

(*) Ce sont apparemment celles que Grueber appelle femmes de la Tartarie Orientale,dont il a donné la figure.

Tome VXIL Hhhh