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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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<5x0 SUCCESSEURS.DE JENGHIZ KHAN

Descrìp- de fer rangés près de la cheminée. Quelques-.uns ont de petits fours, con-tinndeía struits comme les murs de terre cuite ou de brique. Leurs autres ustenfl-]es font quelques plats de bois de Capaa ou de porcelaine, & quelques vaif-Eu 1P ' ne> seaux de cuivre pour faire bouillir le Thé & seau. Une piece de calicoleur sert de nappe & de serviettes ; ils n'ont ni tables ni chaises, & ne seservent ni de couteaux ni de fourchettes; ils s’aíTéyent à terre les jambescroisées. On leur présente les viandes toutes coupées, & leurs doigts ser-vent à les dépecer. Leurs cueilleres font de bois de la forme de nos écu-moires (a). Leur nourriture la plus ordinaire est de la viande hachée, dontils font des pâtés en forme de croissant. C’est une provision dont ils semunissent dans leurs voyages, fur-tout pendant l’hyver. Après les avoirun peu fait durcir à la gelée, ils les portent dans un sac , & en font unefort bonne soupe, en les faisant bouillir dans l’eau. Leur boisson ordinai-re est du Thé noir, qu’ils préparent avec du lait, du sel & du beurre, àen le buvant ils mangent du pain, lorsqu’ils en ont (b).

Comme les Bukhariens achettent leurs femmes à prix d’argent,& qu’ilsen donnent plus ou moins selon qu’elles font belles, le plus sûr moyen des’enrichir est d’avoir beaucoup de filles. La Loi défend aux personnes quidoivent se marier de se parler & de se voir depuis le jour du contract jus-qu’à celui de la célébration. Les réjouissances de noces consistent en fes-tins qui durent trois jours, de la même maniéré qu’ils célèbrent leurs troisFêtes annuelles. La veille du mariage une troupe de filles s’assemble lesoir chez la Mariée, & passent la nuit à chanter & à danser. Le lende-main matin la même compagnie revient, & s’occupe à parer la nouvelleépouse pour la cérémonie. On avertit ensuite le Marié, qui paroît bien-tôt accompagné de dix ou douze de ses parens ou de ses amis, & suivi dequelques joueurs de flûtes avec un Jbûs , espece de Prêtre qui chante enfrappant sur deux petits tambours. A son arrivée il fait une course-de che-vaux , pour laquelle il distribue six , hifit ou douze prix , selon ses riches-ses. Ce font ordinairement des damas, des peaux de martre & de renards,des calicos & d’autres étoffes. Les nouveaux époux ne se voyent pointpendant la cérémonie du mariage , mais ils répondent chacun de leur cô-té aux questions que leur fait le Prêtre. Ensuite le mari retourne chez luidans le même ordre qu’il est venu. Après le dîner on le reconduit chez fafemme , où il obtient la liberté de lui parler. II la quitte encore pour yretourner le soir ; alors la trouvant au lit, il fe couche auprès d’eile touchabillé, en présence des autres femmes, mais ce n’est que pour un mo-ment. Cette farce se renouvelle pendant trois jours, enfin le troisièmejour il entre dans tous les droits du mariage, & le lendemain il emmene fafemme à fa maison.

Naissance Quelques maris conviennent avec les parens de leur femme de la laisserdesLnfam. plus long-tems chez eux , & souvent une année entiere ; mais si dans cetintervalle la femme meurt fans enfans,tout ce qu’elle a reçu demeure à ses

pa*

(a) Aìnïlghazi Khan , p. 475. Ion l’Anglois, je n’ai pu les déterrer dans la

(J>) Idem, p. 422. [Ces Citations font fe- Traduction Françoise. Rism. d u T r a d.]