<5x0 SUCCESSEURS.DE JENGHIZ KHAN
Descrìp- de fer rangés près de la cheminée. Quelques-.uns ont de petits fours, con-tinndeía struits comme les murs de terre cuite ou de brique. Leurs autres ustenfl-]es font quelques plats de bois de Capaa ou de porcelaine, & quelques vaif-Eu 1P ' ne> seaux de cuivre pour faire bouillir le Thé & seau. Une piece de calicoleur sert de nappe & de serviettes ; ils n'ont ni tables ni chaises, & ne seservent ni de couteaux ni de fourchettes; ils s’aíTéyent à terre les jambescroisées. On leur présente les viandes toutes coupées, & leurs doigts ser-vent à les dépecer. Leurs cueilleres font de bois de la forme de nos écu-moires (a). Leur nourriture la plus ordinaire est de la viande hachée, dontils font des pâtés en forme de croissant. C’est une provision dont ils semunissent dans leurs voyages, fur-tout pendant l’hyver. Après les avoirun peu fait durcir à la gelée, ils les portent dans un sac , & en font unefort bonne soupe, en les faisant bouillir dans l’eau. Leur boisson ordinai-re est du Thé noir, qu’ils préparent avec du lait, du sel & du beurre, àen le buvant ils mangent du pain, lorsqu’ils en ont (b).
Comme les Bukhariens achettent leurs femmes à prix d’argent,& qu’ilsen donnent plus ou moins selon qu’elles font belles, le plus sûr moyen des’enrichir est d’avoir beaucoup de filles. La Loi défend aux personnes quidoivent se marier de se parler & de se voir depuis le jour du contract jus-qu’à celui de la célébration. Les réjouissances de noces consistent en fes-tins qui durent trois jours, de la même maniéré qu’ils célèbrent leurs troisFêtes annuelles. La veille du mariage une troupe de filles s’assemble lesoir chez la Mariée, & passent la nuit à chanter & à danser. Le lende-main matin la même compagnie revient, & s’occupe à parer la nouvelleépouse pour la cérémonie. On avertit ensuite le Marié, qui paroît bien-tôt accompagné de dix ou douze de ses parens ou de ses amis, & suivi dequelques joueurs de flûtes avec un Jbûs , espece de Prêtre qui chante enfrappant sur deux petits tambours. A son arrivée il fait une course-de che-vaux , pour laquelle il distribue six , hifit ou douze prix , selon ses riches-ses. Ce font ordinairement des damas, des peaux de martre & de renards,des calicos & d’autres étoffes. Les nouveaux époux ne se voyent pointpendant la cérémonie du mariage , mais ils répondent chacun de leur cô-té aux questions que leur fait le Prêtre. Ensuite le mari retourne chez luidans le même ordre qu’il est venu. Après le dîner on le reconduit chez fafemme , où il obtient la liberté de lui parler. II la quitte encore pour yretourner le soir ; alors la trouvant au lit, il fe couche auprès d’eile touchabillé, en présence des autres femmes, mais ce n’est que pour un mo-ment. Cette farce se renouvelle pendant trois jours, enfin le troisièmejour il entre dans tous les droits du mariage, & le lendemain il emmene fafemme à fa maison.
Naissance Quelques maris conviennent avec les parens de leur femme de la laisserdesLnfam. plus long-tems chez eux , & souvent une année entiere ; mais si dans cetintervalle la femme meurt fans enfans,tout ce qu’elle a reçu demeure à ses
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(a) Aìnïlghazi Khan , p. 475. Ion l’Anglois, je n’ai pu les déterrer dans la
(J>) Idem, p. 422. [Ces Citations font fe- Traduction Françoise. Rism. d u T r a d.]