6i4 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
KhansífcKarazm & le Pays d’Almalig (a) , qui peut bien être compris dans les Paysla Grande des Igurs & de Kashgar, ou ce qui est la même chose dans la Petite Bukharìe.Bukharie. Après la mort de son pere Jagatay choisit la ville de Bishbâlek , dans leI'. Tagatav Pa y s des Ig lirs , pour Y taire son séjour. II étoit pourtant presque toujoursKhan. y auprès d ’Ottay son frere, qu’il honoroit & respectoit comme son Maître,quoiqu’il fût son cadet. En son absence ses Etats étoient gouvernés parKarajar ou Karashar Noyan , que Jenghiz Khan lui avoit donné en mou-rant pour Chef de ses Conseils & de ses Armées. C’étoit un des plus puis.sans Seigneurs parmi les Mongols, & le cinquième ayeul du fameux TimurBek ou Tamerlan ( b ).
Un Impôt- Comme les Etats de Jagatay étoient gouvernés avec beaucoup de sages*tour se se & de modération , rien n'en troubla la tranquillité jusqu’à l’année 630,soulevé. q ue Mahmud surnommé Tarâbi , à cause qu’il étoit originaire de Tarâb fbourgade située à six lieues de Bokhara , se souleva. C’étoit un Imposteur,qui par ses prestiges & ses faux miracles avoit tellement gagné les Peuples,qu’il se trouva à la tête d’une nombreuse armée , avec laquelle il se ren-dit maître de la ville de Bokbara. 11 s’avança ensuite au-devant des Géné-raux Mongols, qui n’oserent risquer de l’attaquer à cause d’une poussiersépaisse dont ils se trouvèrent enveloppés : une feule fléché décochée par ha*zard de leur armée alla tuer Mabmud au milieu de son camp, mais 3 a pous*íìere empêcha que de part ni d’autre on n’en eût connoiíìance. En atten-dant les Mongols , attribuant une pouflìere si extraordinaire aux enchan-temens de l’imposteur (*), furent saisis de frayeur, & prirent honteusementla fuite. Les rebelles encouragés par-là se mirent à leur poursuite, & entuerent plus de dix-mille; mais étant retournés à leur camp,ils furent sur-pris de ne pas trouver leur Général; mais ceux de fa cabale leur ayant ditîu'il s’étoit rendu invisible pour quelque tems, ces gens crédules établi-rent Mohammed & Ali ses frétés ses Lieutenans en son absence.
Ses Seàa. E'incendie gagna au - lieu de s’éteindre, déserté que Karashar Noyan onteun ex- Nevian, voyant qu’il se répandoit dans les meilleures villes du Pays, af-iermmés. jbmbla les principales forces de l’Ëmpire, pour exterminer entiere.ment cesrebelles. 11 commença par la ville de Bokhara, qui les favorise!t, dont ilpilla le territoire , & tua un grand nombre d’habitans , ce qui l’obligea àdemander à Jagatay le pardon de fa rébellion ; elle l’obtint de la clémen-ce de ce Prince , dont les troupes exterminèrent fans miséricorde les Ta-rabiens.
Mort de Jagatay Khan mourut l’an 638 de l’Hégire , qui répond à celui que les6^8 de‘ Mon S° ls a PP e ^ ent Od ou Out, c’est-à-dire du Bœuf (e); c’est ce que rap-l’Hé n're P orí:e Khondemir. Mais Ahulghazi Khan le fait mourir deux ans plus tard,i24ode & raconte les circonstances de fa mort. II y avoit, dit-il, à. fa Cour unJ- c. Sorcier, qui savoit si bien éblouir ceux qu’il vouloit attrapper, qu'ils cro-
yoient
{a) D'Herbelot, Eibliotb. Orient, art. Giœ- (b) Tfllerbelot > f C. p. 390.gaîhai , p. 391. De la Croix , ubi sup. (c) Idem , ibid.
(*) 11s croyent superstitieusement que les orages de pluie, de grêle & de pouflìerepeuvent s’exciter par enchantement.