DANS LA GRANDE BUKHARIË. Liv. VII. Chap. II. 613teurs, les trompeurs, & les bóutefeux. Que ceux d’entre les Elus quinedoi- p, c r cr!p .vent pas être soumis à la peine du feu ieront choisis parmi les Justes, un /«» J lafur cent pour les hommes, &un fur mille pour les femmes ; que cette petite keàtroupe fera conduite dans un des huit Paradis, où elle jouira de toutes sortes Bukharie >de félicités, jufqu’à ce qu’il plaise à Dieu de créer un nouveau Monde. C’est 'un péché, selon leurs principes, de dire que Dieu est au Ciel : il est par-tout,difent-ils , & c’est déshonorer son immensité que de borner fa présence àquelque lieu particulier.
Ils ont tous les ans un Jeûne de trente jours, depuis le milieu de Juilletjufqu’au milieu d’Août. Durant tout ce tems-la ils ne prennent aucune nour-riture pendant le jour, mais ils mangent deux fois dans le cours de la nuit,quand le Soleil est couché & à minuit : ils ne boivent que du Thé, & toutesles liqueurs fortes leur font défendues. Ceux qui transgressent cette Loifont obligés, ou de mettre en liberté le meilleur de leurs esclaves, ou dedonner un festin à soixante personnes, fans compter quatre-vingt-cinqcoups de fouet que YÂguns ou Grand-Prêtre leur fait donner fur le corpsnud avec une laniere de cuir, qui se nomme Dura. Cependant l’Auteur re-marqua que le peuple n’observe pas ce jeûne fort régulièrement, & que lesArtisans obtiennent la permission de manger pendant ie jour. Les Bukha-riens ont cinq teins marqués pour la Priere : le matin, à midi, après-midi,au coucher du Soleil, & à la troisième heure de la nuit : à chaque tems lesAbûs ou Prêtres donnent ún signal public (a).
CHAPITRE III.
Histoire de la Grande Bukharie. De Jagatay V de ses Successeurs,
J A gatay ou Chagatay Kban , second fils de Jenghis Khan , étoit mieux Khans defait que tous ses freres. II étoit encore plus équitable qu’eux, & obfer- la Grandevoit plus exactement les loix établies par.son pere (L) , dont il étoit le dépo- bukharie.ficaire. II avoit quelque chose de fort sévere dans l’aír, de forte qu'on crai- Kmiregnoit de le regarder; mais il avoit infiniment d’esprit, & ce fut en coníi- ^j a g a .dération de son génie que scnghis Khan lui donna en partage (* *) toute la tay.Grande Bukharie, la moitié du Karazm , le Pays des Vigurs ou Jgurs,les villes de Kashgar, Badagshan, Balkh &Gazna avec leurs dépendancesjufqu’à la riviere de Sir Indi ou l’Indus (c). Abu'ìfarage & Mirkhond lui don-nent à peu près le même partage, à 1a réserve que le premier y met tout Je
Ka-
(a) Bentink , ap. Abu'lgbazi Kban , p. 4.78 (//) De la Croix , Hist. de Genghlzc. p. 507.
L suiv. (0 Abu'lgbazi Kban , p. 387, 388.
(*) íl est fort incertain que Jengbiz Kban ait fait un pareil partage : car Jagatay, aussi,bien que Batu dans le liipjak, reconnoissoit Ofíay , duquel toutes les parties de l’Empirerelevoient; S il en fut de même fous ses Successeurs, jusqu’à ce que peu è peu les Prince*de ces Pays se rendirent indépendans des Successeurs immédiats de Jengbiz Kban , dansl’Orient de la Tartarie & dans la Chine.
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