DANS L’IRAN OU LA PERSE. Lit. 'VIII. Ciiap.I. 629le moyen de faire subsister toute son armée pendant un mois entier. u ríSne
■ Hulaku fur cet avis ne manqua pas d’envoyer demander cet homme à deHuiíg*i Mostasem. Ce Prince, qui se trouvoit réduit à une st grande extrémité, que Khan - 'si on lui eût demandé son propre fils, iH’auroit accordé, fit chercher Ebn ' "*-Amram, ATenvoya au Prince Mogol. L’EscIave lúi découvrit qu’il yavoitdans la ville de Takûba, donc son Maître étoit Gouverneur, des puits où l’on.avoit ferré une prodigieuse quantité de grains. Cet avis empêcha les Tar-tares de mourir de faim, & les mit en état de se rendre maîtres de Bagdad,qu’ils pillèrent & ruinèrent entièrement l’an del’Hégire 656, de J. C. 1258.
Hulaku, qui devoir la prise de cette grande ville à Ebn Annam , crut ne pou-voir mieux le récompenser, qu’enlui en donnant le Gouvernement & de ses .dépendances, & ainíì cet Esclave vit son songe accómpli (a).
- D’autres Historiens attribuent la ruine du Calife à la perfidie de Mowiya-â'oddin AI KaniHon premier Visir : ce Ministre piqué pour une petite querellede religion fit licentier les troupes, dans le tems qu’on en avoit le plus debesoin, & cacha à Mostasem la force des Tartares. II entretint aussi desintelligences avec Hulaku , &l’infoi“ma du tems le plus favorable pour mar-cher à Bagdad. Le Calife se laissa aisément persuader de désarmer, parce-qu’il aimoitl’argent, & qu’il étoit livré à ses plaisirs. II ne voulut pas même•«quitter ses débauches, nonobstant toutes les représentations des Grands defa Cour , jusqu’à ce qu’on eût avis qu’un gros détachement de Mongols »fous les ordres de deux de leurs meilleurs Généraux, étoit près de la ville.
Alors, quand il fut trop tard, on assembla en grand hâtedix-mille hommes,qu’on envoya pour reconnaître les ennemis. Us trouvèrent les Tartarescampés fur le bord du Tigre au Nord de Bagdad ; il y eut dans cette occa-sion un combat sanglant, dans lequel la victoire resta indécise ; les Tartares§'étant apperçus que les troupes du Calife étoient mal postées, coupèrentpendant la nuit une des digues de l’Euphrate, & inondèrent le camp de leursennemis, de façon que les uns furent noyés & les autres taillés en pieces.
En même tems Hulaku arriva devant Bagdad avec le gros de son armée, Mort du& en forma le siégé. Le Calife toujours plongé dans la débauche, ne s’in- Calife.quiettoit pas plus de ce qui se passoit, que fi l’ennemi eût été bien loin.
Aubout de deux mois le perfide âà se retira avec fa famille dans Je campde Hulaku , qui immédiatement après, au mois de Safar de Tannée 656 ,prit la ville ; les Tartares y mirent tout à feu & à sang (*), y pillèrent uneinfinité de richesses, car cette ville étoit alors la plus puissante & la plusriche du Monde. Le Calife Mostasem fut pris avec un de fes fils ; après avoirdélibéré fur ce qu’on en feroit, on T empaqueta dans un feutre où ii fut lié très-écroitement , & en cet état on le traîna par toutes les rues de la ville, ou ilexpira en fort peu de tems, âgé dequarante-deux ans, après en avoir régnéà-huit. Qn fit mourir le fils qui .lui étoit resté ; car l’autre avoit été tué à
la) Abulsarag. ubisup.p. ZzL.LCià
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l^Mirttond assure' que tous ceux qui Ce trouvèrent dans Bagdad & dans les environsfurent massacrés. au nombre de feue cens mille ‘personnes. Taxas a, IM. Pers. ; p. zoK.
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