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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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666 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHANSection entra dans Tauris, & íit de grandes réjouissances de se voir rétabli dans laAhmed possession de tous ses Etats.

IV. !w L’année suivante Sheikh Ibrahim , après avoir pris lfpahan, réfojut d’at-tan llka- taquer Ahmed , l'obligea d’abandonner Tauris & de lé retirer avec précipi-niui. ration à Bagdad. En attendant Kara Tusef, profitant de la division qui re-m gnoit entre ces Princes qui fe faisoient une rude guerre, se jetta avec dessait étui. coupes fraîches & aguerries fur la Province d’Azerbejan, & s’en rendit en-tièrement le maître en deux ou trois ans. Ahmed ne pouvant voir cette con-quête qu’à regret, résolut l’an 8l2 (1409) d’attaquer le Turcoman , &de retirer de les mains un Pays qu’il regardoit comme le patrimoine deses ancêtres. II prit pour cet estet Je tems qu’il étoit le plus occupé à la guerrequ’il faisoit à Kara Othman , Prince de la Dynastie du Mouton blanc , dansP Arménie Majeure, & surprit Tauris , où il entra fans y trouver de résis-tance en 8 r3. Kara lusef n’eut pas plutôt appris le mauvais tour qu’âmed lui avoir joué , qu’il marcha à lui avec une puissante armée, <Síle Sultan de son côté alla à sa rencontre , & il se donna une très-

sanglante bataille à deux lieues de Tauris entre ces deux Princes.

Le Turcoman remporta une victoire si complette, que le Sultan eut àpeine le tems de fe sauver dans un jardin, où il demeura caché quelquetems. Mais il fut enfin découvert à présenté à son vainqueur, qui iuireprocha sa perfidie, sans pourtant lui ôter la vie ni le titre de Sultan. 11disposa cependant de ses Etats, & lui imposa la loi de ne rien entrepren-dre contre son autorité. Mais au bout de quelque tems les principaux Sei-gneurs de l’írak Arabique, qui étoient irrités contre le Sultan, conseillè-rent à Kara Yusef de se défaire de lui, sous prétexte que ce Prince, quiétoit naturellement inquiet, ne demeureroit pas long-tems fans leur atti-rer une nouvelle guerre, qui acheveroit de les ruiner. Le Turcoman sui-vit leur avis, & ordonna qu’on le fît mourir lui & ses enfans dans cettemême année 813 (*). Ainsi finit la famille de tíajsin Buzruk, qui s’étoitélevée à un très-haut point de grandeur & de puissance, & celle de Assra/fa •yonlu ou du Mouton noir prit fa place ( a ).

Son p or- j] p aro ît; p 3r l’Histoire de ceTrince, qu’il étoit d’un caractère cruel,

t,au ' tyrannique, perfide & inquiet; ce qui s’accorde avec le portrait qu’en faitAr ah shah , qui rapporte qu’après qu’il fe fut rendu maître de Bagdadpar le meurtre de Hujfayn son frere, il lâcha la bride à son humeur vio-lente & injuste, en traitant fort mal ses sujets, à qui il ravissoit les biens& la vie suivant son caprice. Enfin ses débauches, ses cruautés & ses ra-pines devinrent si insupportables, qu’on dit que les habitans de Bagdadappelleront Timur à leur secours pour les tirer de la misère où ils gémis-soient. Le même Auteur cite deux vers qu 'Ahmed écrivit à Timur, lors-qu’il prit la fuite devant son armée, dont le sens revient à ceci : fi fiaiété manchot pour le combat , je n'ai pas été boiteux pour la fuite. Ces vers

étoient

(a) Khondemir, ubi íup.

(*) Le Lecteur trouvera plusieurs autres particularités fur le sujet de ce Prince dansl’Histoire de Kara Tusef & dans celle de Timur Bek , qu’il faut consulter, pour éclaircirquelques obscurités qui fe trouvent dans le Texte.