LIVRE XI, CHAP. LXII. <J
La Saxe , la Bavière , les ducs de Wurtemberget de Badeu , avaient imité l’exemple du Piémontet de Naples , et s’étaient enfin retirés de la coa-lition.
L’Angleterre parut craindre que l’Autriche , Angleterre,privée de tous ses alliés, ne succombât sous lescoups redoublés de trois armées sans cesse vic-torieuses. Son cabinet, alarmé peut-être de laréunion intime de la Hollande, de l’Espagne etde la France, de l’insurrection de l’Irlande , etde la tendance générale des esprits qui favorisaitles entreprises du directoire, crut devoir gagnerdu temps en feignant de vouloir se rapprocherde la république.Il demanda des passe-ports pourun négociateur: et peut-être la guerre eût-elleété terminée à cette époque, si le directoire n’a-vait commis deux fautes graves, qui changèrentla face des affaires. La première fut d’opérer, euAllemagne , sur deux lignes divergentes; la se-conde, d’entreprendre une invasion lointaine,sans se ménager les moyens d’alimenter les ar-
la province de Gueldies au directoire, et à consentir à ce que lesfrontières de la république fussent reculées jusqu’au Rhin . Le ca-binet de Berlin recevrait eu échange l'évêché deJVIunster qui seraitsécuralisé : d’autres princes ecclésiastiques devaient être dépouilléspour indemniser le Stathouder , et l’on s’engagea à élever le Land-grave de Hesse à la dignhé d’électeur. Q*i eût pu croire que neufans plus tard la constitution germanique, ainsi mutilée par Fré-déric-Guillaume et Rewbel, servirait de prétexte à la Levée d*boucliers des Prussiens en i'8oG ! î