LIVRE XVIII, CHAP. CVIII. 25g
L’amiral Parker, ébranlé par cette effroyablecanonnade, inquiet delà position hasardée danslaquelle s’était placé son lieutenant, et ne voyantque des victimes sans espoir de succès, donnale signal de la retraite. Nelson, hors de lui, dé-fendit de le répétera son escadre, en s’écriant:u Que ce signal soit maudit, et que celui de com-» battre soit cloué à mon grand mât ! » L’amiralGraves, qui était venu se mettre en ligne avecl’arrière-garde, ne répéta pas non plus l’ordrede cesser le combat, soit qu’il ne l’eût pasaperçu, soit, comme Nelson, qu’il ne désespérâtpas encore de vaincre. Le détachement de Riouseul, abîmé parla batterie des Trois-Couronneset par les vaisseaux du cbenal, obéit à ce signal,et son chef, coupé en deux par un boulet aumoment de l’exécuter , n’eut pas la douleurd’encourir le blâme de son illustre ami.
Le Prince royal, placé à une des batteriesprincipales, était témoin du combat et de laglorieuse résistance des siens. Vers deux heureset demi le feu des Danois se ralentit, et plu-sieurs bâtimens allaient en dérive ; mais les An-glais trop prompts à les considérer comme desprises, furent accueillis par une forte canon-nade , dès qu’ils voulurent en approcher. LeDannbrog avait perdu deux capitaines et lestrois quarts de son équipage, qu’il foudroyaitencore le vaisseau de Nelson : eulin le feu s’y