LIVRE XVIII, CHAP. CVIII. 269
d’y parvenir, était de capter les suffrages desdifférens dicastères qui s’inquiétaient beaucoupplus du mal présent et réel d’une guerre mari-time, que d’une prospérité future et incertaine,fondée sur la décadence de l’Angleterre. Dans detelles circonstances, il eût fallu qu'une hainepersonnelle vint ajouter aux griefs généraux pourcontinuer la guerre , et ce n’était point le cas.
Alexandre préférant les avantages bien plusprochains de la paix, ne laissa pas l’Europe dansl’attente, sur le système de sa politique; il en no-tifia les principes dès le lendemain de son avène-ment au trône, par une proclamation où l’ouremarque cette phrase : a Nous prenons l’enga-» gement de gouverner le peuple que Dieu nous» a confié, conformément aux lois, et d’après» l’esprit de notre glorieuse grand’mère, la ma-» guanimeimpératrice Catherine-la-Grande, qui» repose en Dieu , et dont la mémoire nous sera» chère à jamais, à nous et à toute la patrie. »....
La population de Pétersbourg répondit par desacclamations de joie à ces pronostics de paix.L’Empereur écrivit en effet aussitôt,;de sa main,au roi d’Angleterre, pour lui manifester ses in-tentions pacifiques; et la nation anglaise ne mon-tra pas moins de transports à cette nouvelle, quele peuple russe même.
Aucun prince n’était plus fait qu’Alexandrepour gouverner un grand empire; sa taille ma-
Portrait
d’Alexandre
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