S'jO HISTOIRE DES GUERRES DE LA REVOLUTION,jestueuse, l’expression gracieuse de ses traits,caractérisés surtout par un grand air de bonté,lui conciliaient au premier abord tous les cœurs ;son esprit cultivé, la force et la précision de sesraisonnemens dans toutes les discussions de po-litique et d’administration , lui avaient déjà faitune haute réputation de sagesse. A ces précieu-ses qualités, il réunissait une âme généreuse, etla philantropie d’Antonin (i).
11 justifia les espérances qu’on s’était plu àmettre en lui, par une prudence au-dessus deson âge; il répara lentement et saus secousseles torts qu’avaient fait éprouver, soit à des indi-vidus, soit à des corps entiers, la trop grandesévérité, l’humeur chagrine et les caprices de sonpère. Dans une séance du Sénat dirigeant , qu’ilprésida lui-même le i4 avril 1801, il promulguaplusieurs ukases remarquables ; il rendit lesdroits, privilèges et prérogatives à la noblesse,tels qu’ils avaient été fixés par les statuts deCatherine II . Il rétablit les autorités municipa-les, abolit la procédure secrète, accorda uneamnistie générale, et fit annuler les procédurescommencées. Jaloux de réunir tous les suffrages,il rendit au clergé la gestion de ses domaines, au
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(1) Ce portrait paraîtra peut-être exagéré, tracé par la plumed’un de ses officiers; mais l’auteur, Suisse de nation, et citoyend’un pays libre, ennemi de la flatterie et méprisant les hochets del’ambition, peint l’empereur de Russie comme il l’a vu.