LIVRE XVIII, CHAP. CX. 3ll
ment dépourvu de taleus militaires, presqu’in-connu à l’armée dont il Départageait plus depuisJong-temps les travaux , orgueilleux et vain, tra-cassier et turbulent; tel était l’homme chargéde tenir tête à l’orage qui s’amoncelait sur l’E-gypte ; on peut juger s’il en était capable.
Ce n’est pas qu’il fallût désormais un génieextraordinaire pour conserver cette conquête àla république, car l’état de l’armée françaises’était beaucoup amélioré, et il ne lui fallait quequelques renforts. Grâces aux établissemens sa-nitaires, la peste, qui les années précédentesavait exercé de si cruels ravages, se laissait àpeine apercevoir : plus de troubles dans l’inté-rieur, tout était soumis et tranquille; Mourad-Bey était devenu l’allié des Français . A la véritéil était dû encore quelques mois de solde à l’ar-mée, et une partie des avances à l'administra-tion; mais il existait en caisse de quoi satisfaireà la dette publique, l’habillement des troupesétait dans le meilleur état, la cavalerie parfaite-ment montée, l’artillerie bien attelée, le corpsdes dromadaires au complet, les hôpitaux orga-nisés sur le meilleur pied ne renfermaient quetrès-peu de malades ; les subsistances de l’arméemobile étaient assurées, les places fortes appro-visionnées, les transports assurés par un parcde réserve de 5oo chameaux. Le génie et l’artil-lerie exécutaient de grands travaux pour le per-