Menoubouleversetout lesystèmede son pré-décesseur.
3l2 HISTOIRE DES guerres de la révolution.fectionnement des places et l’approvisionne-ment des arsenaux ; enfin on voyait déjà s’éleverau milieu du Caire, d’Alexandrie et de Rosettedes fabriques d’objets de première nécessité.
Tel était l’état de l’Egypte lorsque Menou pritle commandement de l’armée. Pendant les pre-miers mois de son commandement, il feignitde vouloir suivre la marche tracée par son prédé-cesseur. Quelques dispositions tendantes à amé-liorer le sort du soldat, l’exactitude du paiementde la solde, l’affabilité hypocrite de ses formes,accoutumèrent peu à peu les esprits à sou auto-rité. Mais lorsqu’il la vit solidement établie, ilcessa de se contraindre : le système des finan-ces, les lois sur les douanes, celles sur les suc-cessions , les anciens règlemens du pays, toutfut bouleversé; et ces innovations loin de pro-duire quelque bien, redoublèrent les entravesdu commerce, augmentèrent les charges dutrésor, diminuèrent les recettes et firent mur-murer le peuple et l’armée. Si le nouveau généralen chef ne prenait aucune mesure utile au bien-être de l’armée, et au maintien de la discipline;en vrai courtisan, il ne négligea pas les moyensde complaire au chef du gouvernement français :par son ordre le Divan , assemblé au Caire ,fut requis d’écrire à Bonaparte une lettre de féli-citations sur l’heureux événement qui venait dele porter à la tête des affaires.