LIVRE XVIII, CHAP. CX. 3^9
plus dangereux ; car si l’on fût parvenu à battreles Anglais et à les forcer à se rembarquer, ilest hors de doute que les vainqueurs eussenteu bon marché des Osmanlis. Il fallait donc éva-cuer entièrement la Haute-Egypte et le Delta,ne laisser garnison que dans les forts du Caire ,et ceux qui défendaient les bouches du Nil , afinde marcher avec tout le reste sur Alexandrie , oùl’on eût ainsi réuni i 5 mille hommes. Menoune voulut pas comprendre l’importance de cettemesure, et s’obstina à laisser éparpillées destroupes qui pouvaient décider la lutte : 800hommes arrivés de Benisouef, quatre bataillonsde la garnison du Caire , et toute la cavalerie,partirent le 12 pour Rahmanieh; les générauxRainpon et Reynier, qui commandaient à Damiette et à Belbeis, prirent le même chemin avec en-viron 800 hommes chacun; goo hommes restè-rent dans la Haute-Egypte avec le généralDonzelot; deux demi-brigades aux ordres deBelliard, gardèrent Salahieh, Belbeis et leCaire conjointement avec les troupes de garni-son: une autre demi-brigade et deux escadronsl’estèrent à Damiette et dans les forts de la côte.
Cependant la position prise parles Anglais ,rendait déjà bien difficile la jonction des corpsde l’armée française. Il fallait découvrir un che-min praticable à l’artillerie à travers le lac Ma-réolis, que les ennemis pouvaient d’un moment
II gagnele campd'Alex andrie.