366 HISTOIRE DES GUERRES DE LA REVOLUTION.
recomplété le détachement renvoyé de Livourne ,était reparti de Toulon pour joindre cette esca-dre dans l'Océan.
Sur ces entrefaites, le gouvernement anglais mieux instruit de la marche de Ganlheaume,avait fait remplacer en toute hâte l’escadre deWarren devant Cadix , par six vaisseaux etquatre frégates , sous l’amiral Saumarès. Linois ,arrivant à l'entrée du détroit, chassé par deshâtimens de Warx-en, apprit que Cadix était denouveau étroitement bloqué ; la crainte d’êtreainsi enveloppé le porta à se jeter dans la baied’Algésiras , où il comptait sur l’appui des bat-teries de terre pour se défendre.
L’amiral Saumarès bientôt instruit de son ap-proche, s’était avancé à sa rencontre le 6 juillet.Après avoir reconnu sa ligue qui était à 5ootoises de la côte, il résolut de l’enlever par unemanoeuvre toute pareille à celle de Nelson àAboukir. Tandis que trois vaisseaux de l’arrière-garde contiendraient ceux de Linois de front,les trois de l’avant-garde, débordant sa gauche,doubleraient la ligue et le prendraient ainsi entredeux feux. La droite des Français appuyait à unebatterie de sept pièces de 24 , placée sur une îlerocailleuse, nommée lîle Verte, et la gauche setrouvait dans la direction d’une autre batteriequi portait le nom de St.-Jacques; mais dontelle se trouvait assez éloignée pour rendre pos-sible la manœuvre du général anglais .