Indignation
Bonaparteà cettenouvelle.
Il se décideà en tirervengeance.
444 histoire des guerres de la révolution.
Bonaparte instruit de l’occupation de Sanlo-Dommgo, considérait celle mesure arbitrairecomme un excès de zèle, et se berçait encoredes plus douces illusions sur les fruits du sys-tème qu’il avait adopté, lorsque Vincent arrivaà Paris , avec la foudroyante nouvelle. Il ne s’a-gissait pas de se livrer à des regrets superflus, nide déplorer l’imprudence avec laquelle on availcontribué à l’élévatiou de l’ambitieux, en faisanttomber les armes des mains de Rigaud : il fallaitse résoudre ou à le soumettre par la force , ou àle reconnaître eu traitant avec lui et en assurantle commerce exclusif de l’île à la France .
Si en tolérant l’usurpaliou de Toussaint, ouparvenait à gagner du temps et à assurer les avan-tages du protectorat et du commerce à la répu-blique, nul doute que ce dernier parti ne fûtmatériellement plus convenable. Le colonel Vin-cent n'hésitait pas à lui donner la préférence; etquoique l’emploi de la force semblât commandépar la dignité nationale , il le signalait commedangereux et impraticable. Mais l’ardeur aveclaquelle cet officier s’elaitfait à plusieurs reprisesl’apologiste de Toussaint, avait inspiré au mi-nistre de la mai’ine une méfiance qui mit en gardecontre ses avis.
Le Consul ne se faisait pas une idée exactedes ravages du climat, ni de la résistance qu’onéprouverait : il s’abusait en mettant uue expé-