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[Tome quatorzième. Campagnes de 1800 et de 1801. - Tome quinzième. Campagnes de 1802 - 1802.]
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I.1VP.R xvni, CIIAP. CXI1. 445

tlition à Saint-Domingue en parallèle avec celled'Egypte . Le peu de ménagement qu'il avaitmontré pour Toussaint, en ne répondant pointaux lettres particulières qu’il lui adressait, prou-vent que le premier des noirs en se proclamantl’égal du premier des blancs (1), lui avait inspiréde l’aversion , bien plus que l’estime à laquelle ilprétendait. La seule perspective de perdre à ja-mais une colonie dont les produits, augmentésde la partie espagnole, verseraient annuellement4oo millions dans la balance du commerce fran-çais , et qui occuperait plus de deux mille bâti-mens avec 3 o mille matelots (2), portait l’indi-gnation dans l’esprit du Consul, dont l’idée domi-nante était à celte époque tournée vers la res-tauration de sa marine et les moyens de lutteravec l’Angleterre.

Bonaparte 11’eut donc pas de peine à partager

(1) Toussaint écrivant à Bonaparte , s’était servi Je celte apos-trophe, où il esta remarquer qu’il se nommait le premier.

(2) Saint-Domingue avant la révolution importait en marchan-dises cî’Kurope, la valeur de 25 o millions, et donnait une expor-tation de millions de denrées coloniales, dont la moitié étaitréexpédiée au dehors : ce qui produisait un mouvement de 700millions, et occupait 1,600 bàtimens et 27 mille matelots. La réu-nion de la partie espagnole sous une bonne administration devaiton dix ans augmenter considérablement. Mathieu Dumas ne portele produit qu’à 16S millions, peut-être compte-t-il seulement cçqui restait dans la balance en laveur de la France , ce qui ne donnepas un résultat exact.