'446 HISTOIRE DES GUERRES DF. LA REVOLUTION,les préventions du ministre contre un colonelfrançais qui osait croire Toussaint inattaquable.Celui-ci s’épuisa en vaines observations : il pré-dit l’inutile sacrifice qu’on ferait des vétérans deHohenlinden , de Mareugo et d’Aboukir, en lesenvoyant lutter sous le tropique contre la fièvrejaune et des barbares acclimatés, combattantpour leur existence. Ces avis furent reçus commedes conseils intéressés ou pusillanimes, et le co-lonel du génie, envoyé en Toscaue, reçut l’or-dre de ne plus s’occuper des affaires de Saint-Domingue .
Quelques recherches que l’on fût tenté defaire pour éclairer les doutes qui régnent sur lesvéritables intentions de Toussaint envers laFrance , il serait impossible d’arriver à un résul-tat satisfaisant. Le caractère impénétrable de cethomme astucieux ne permet pas de croire qu’ilait jamais fait à ce sujet des confidences sincèresà aucun des employés qui l’entouraient. D’ail-leurs son ambition inextinguible autorise de resteà penser, que le Président à vie n’eût pas gardélong-temps la tutelle volontaireà laquelle il affec-tait cîe se soumettre, afin de gagner le temps d’as-seoir son autorité. Nul doute que la premièrehostilité entre la France et l’Angleterre n’eûtsignalé la proclamation de son entière indépen-dance, dès que son pouvoir bien affermi dansl ile, fui eût permis de risquer ce pas sans incon-vénient.