LIVRE XVIII, C1IAP. cxu. 44-7
Partant de là, toutes les suppositions des écri-vains qui ont rendu compte de cette expédition,porteraient à faux, puisqu'elles présentent l’at-taque dirigée contre lui comme une espèce d’in-justice non moins inutile qu’imprudente. Pourmieux juger ces conclusions qui nous semblentpar trop exclusives, il faudrait poser la questionde la manière suivante.
i° Eu séparant les intérêts des noirs de l’am-bition personnelle de Toussaint, et en y euvoyant1 5 à 20 mille hommes, la France ne peut-elle pasespérer de voir son autorité entièrement rétablieà Saint-Domingue ?
2° Supposant même que la première campagnecoûtât ces 20 mille hommes; si l’armée régulièredes noirs est domptée et qu’on remplace les pertesessuyées par les troupes européennes, ne peut-onpas compter sur la soumission de l’île par la force?
3 ° L’envoi de cette force serait-il décidémentplus propre à bouleverser, ruiner et émanciperla colonie qu a la soumettre ? v
4 ° Dans ce cas, vaudrait-il mieux attendrel’émancipation de la part du fourbe Toussaint lui-même, que de rien faire qui pût l’accélérer? oubien n’y a-t-il pas plus d'inconvéniens à lui laisser lechoix de l’époque pour le voir proclamer son indé-pendance lorsqu’on ne pourrait plus l’atteindre?
Le premier Consul croyant les deux premièreschances possibles, leur donna la préférence sur