Loelercn'ose arrêterles autreschefs.
78 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION,vindicatif et astucieux, on ne pouvait se mé-prendre sur ses intentions ; d’ailleurs, on l’avaitsurveillé d’assez près pour être à même de re-cueillir une foule d'indices, sur le projet qu’ildéguisait mal de reprendre les armes.
Le général Brunet reçut donc l’ordre de l’at-tirer dans une conférence , sous prétexte d’unarrangement relatif au cantonnement des trou-pes, et de se saisir de sa personne , ainsi que del’escorte sans laquelle il ne marchait jamais.Brunet s’acquitta de cette tâche avec autant d’a-dresse que de vigueur; le président héréditairede St.-Domingue se vit enlevé, conduit aux Go-naïves, embarqué pour la France , et enferméau château de Joux dans le Jura , où il mourutun au après, dévoré de regrets et de chagrin.Son aide-de.-camp Fontaine, arrêté en mêmetemps, fut jugé comme espion, et passé par lesarmes.
On ne saurait dire pourquoi Leclerc n’em-ploya pas cette mesure décisive,àla même heure,contre tous les officiers supérieurs noirs, ainsiqu’il en avait l’ordre. On doit supposer qu’il re-connut du danger à exécuter ses instructions,pendant que ces chefs se trouvaient à la têtede soldats qui leur obéissaient aveuglément. J^arévolte de la Guadeloupe , motivée sur l’arresta-tion imprudente de deux ou trois subalternes,bien moins influons que ceux de St.-Domingue,