DE LA CREATION DU MONDE, Introduction. s
dans le Monde, cette nécessité pourtant tire son origine d’une Intelligenceéternelle, dont les perfections nécessaires font les causes de cette harmonie,qui conserve l’Univers dans l’ordre où. nous le voyons ( a ). 11 reconnoit
que Dieu a donné aux hommes des facultés, les organes des sens, & cer-tains appétits, non pour le plaisir seulement, mais pour des causes fina-les^?)? & avoue en termes formels, que l’Etre toujours actif gouverne,& que l’Etre toujours passif est gouverné ; , que le premier de ces Etres,est la source du pouvoir qui se trouve dans le second ; que l’un est divin,raisonnable, & intelligent, & l’autre engendré, destitué de raison, &sujet au changement (c).
Aristote étoit dans les mêmes idées, comme tout le monde fait, & ilfut le prémier, à son dire, au moins parmi les Grecs , qui eût affirmé l’E-ternitéde l’Univers; ajoutant, qu’avantson tems on croyoit généralementque le Monde avoit été produit, quoiqu’on regardât comme un problèmes’il devoit périr ou non (H). Sa Doctrine étoit, que non seulement la Ma-tière des Cieux & de la Terre étoit éternelle; mais que même le Genre-humajn, & toutes les Espèces d’Animaux mâles & femelles, avoient sub-sisté depuis toujours, par une fuite non interrompue de générations, fansaucun commencement; & que la 'I'erre a été de tout tems ornée d'Ar-bres, de Plantes, de Fleurs, de Minéraux, & d’autres productions, tellesque nous les voyons à présent (e). Mais il paroit assez difficile d’accordercette Doctrine avec ce qu’il dit dans un autre endroit de la pesanteur & dela légèreté naturelle des différens Elémens: car si ces élemens ont jamaisété dans leurs places naturelles, suivant leur gravité respective, dont rienqu’une force extérieure n’a été capable de les ôter ; il s’ensuit nécessaire-ment que la Terre a eu une fois une forme très différente de celle qu’elle aà présent, & par conséquent n’a pas pû être habitée de toute éternité (f).La grande raison qui a porté Aristote à soutenir que le Monde étoit éter-nel (g), étoit, parce qu’il lui sembloit q u'un effet pareil devoit nécessaire-ment procéder d’une cause éternelle telle que Dieu, qui étant tout Acten’avoit pas pu rester dans un état d’inaction & de repos. 11 reconnoit quele prémier Principe n’est ni Feu, ni Terre, ni Eau, ni aucune chose quenous appercevons par les sens, mais qu’une Substance spirituelle est la causede l’Univers, & la source de tout l’ordre & de toute la beauté, aussi-bienque des mouvemens & des formes, qui nous causent tant d’admiration (ìi).Et il définit expressément Dieu un Etre intelligent (r), spirituel, prémier
s*) Ocell. de I.egíbusFragm. ibid. p. 537. (f) Vid. Burnet’s Archœol. L. I. p. 181. &
C*5 Idem de Univ.p. 531. Vid. Dr. Clarke fa Théorie de la Terre, L. I P- 5 1 -Démonstr. p. 33. & c . (g) Ses Sectateurs ont allégué quelques aa-
00 Ocell. deLegib.Fragtn.ubifup. p. 538. rres raisons, qui reviennent à peu près à c eh00 Arislot. de Cœlo, Lib. 1. cap. 10. les d’Ocellus, &qu’on peut voir dans Philotî*.00 Ibid. cap. 12. Vid. Philo. Jud. de lu- ubi sup. p. V43- à.corrupubilitace Mundï p. 940. Burnet’s Ar- (h) Arislot. Metaph. L. I. c, 2-, 3.cbatol. L. j. p. igo. Cudworth’s System. In* 0!) NSí»tell. p. 250.