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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, IntroMian. 9

Vrai encore d’une Cause toute puissante, qui n’a qu’à vouloir pour produi-re tout ce qui lui plaît. D’un autre côté, ceux qui disent que les Créaturesn’ont pas toujours co-existé avec Dieu, doivent avouer que Dieuexistoitavant elles. Il y avoit donc un Avant lorsque Dieu existoit seul ; ainsi il n’estpoint vrai que la durée de Dieu soit un point indivisible ; d’où il suitque le tems à précédé l’existence des Créatures: conséquences qui font queceux qui argumentent decette manière, tombent en contradiction avec eux-mêtnes; car si la durée de Dieu est indivisible, fans passé ni futur, le Tems& les Créatures ont commencé ensemble; & si cela est, comment peut-ondire que i’existence de Dieu ait précédé celle de ses Créatures (a) ?

Ainsi les deux Argumens fans répliqué en âpparence pour l’éternité duMonde, font tirés de l’éternité du decret de Dieu à l'égard de la Création,& de Indivisibilité de la durée de Dieu, auxquels on a néanmoins répondude cette manière. On peut supposer, que parmi les Etres possibles que Dieua connus avant que de former le decret de créer, un d’eux écoic une du-rée successive, sans commencement ni fin, & dont les parties sont aussi distinc-tes l’unede l’autre que celles de l’étendue possible, que Dieu a connu sem-blablement avant le decret dont il s agit, comme infini suivant les trois di-mensions. II a laissé dans fêtât des possibles une partie de cette durée in-finie, ik a résolu l’existence de .l’autre. 11 a choisi le moment qui lui aplû, dans cette durée idéale, pour être le prémier qui existeroit, & a lié à cemoment l’exécution du decret touchant la création du Monde: par où ilparoit que l’éternité de ce decret ne prouve pas l’éternité du Monde; toutcomme l’indivisibilité de la durée de Dieu ne démontre pas que le Monden’a point eu de commencement (b).

Mais, après tout, la distinction des Scholastiques entre la durée de Dieu,& celle de ses créatures, fur la quelle est fondé le raisonnement précédent,quoiqu’elle ait été généralement admise par plusieurs Philosophes tant Chré-tiens que Payens, & qu’elle soit tout au moins du tems de Parménide (c),a pourtant été rejettée par d’autres Ecrivains savans & judicieux, commecontradictoire & inintelligible ; n’y ayant guères moyen de concevoirque l’éternité soit un instant, ou comment l’éternité peut être uninstant, & cependant co-exister à des choses successives (d). Et quel-que force qu’on puisse attribuer aux Argumens que nous venons derapporter pour l’éternité du Monde, entendant par-là l’Univers, avecses chasigemens & ses vicissitudes ; ils ne sauroient en aucune manièreprouver que l’arrangement de notre Système Planétaire , bien moinsencore la forme de notre Terre, ait toujours été comme à présent. Etc’est en cela principalement qu’a consisté la grande erreur des anciens Eterna-

( a ) Bayie, Dict. Hist. Art. Zabarelta, Jaques, Rem. H. Voyez auíïï Epist. Abi JaafarEbn Tofail de Hai Ebn Yokdhan edit. à Po-cok. p. ioy, 106. à la traduction Angloisede Mr. Ockley, p. 83.

(b) Bayie ubi supr.

Tome L

(c) Voyez Cudworth, Intel!. System, pag.388.

OOGassend. Phyfic. L. I. Tillotson.Vol. VIT.Serm. 13. Voyez auíïï Dr. Clarke Démonslra.tion &c. p. 45, & Cudworth Intell. System,p. *644,

B