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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Opinionde ceuxqui ontcru que leMonde

IO histoire universelle.

liftes: erreur qui a été combattue par plusieurs argumens, tirés de la Rai-son & du témoignage des Hommes, indépendamment de ce que nous en-seigne à cet égard la Révélation, comme nous le verrons dans la fuite.

Quelques Partisans modernes de l’Eternité du Monde se sont fondés surdes principes entièrement différens de ceux des Anciens, & se sont hazar-dés d’affirmer que l’Univers Matériel existe par lui même, & est lui mêmeDieu. C’est-là la Doctrine de Spinoza, le prémier, à ce qu’on croit , quiétou Dieu. 3^ réduit l’Athéisme en Système,par des conséquences régulières, suivantla méthode de Mathématiciens. Mais comme l’opinionfondamentale, furlaquelle il a bâti son Systêjpne, n’étoit pas nouvelle, il fera dans Tordre,avant que de parler de lui, de dire quelque chose de ceux qui lui ont frayéle chemin, quoiqu’il se soit éloigné d’eux en certains endroits.

Xénophane , le Fondateur de la Secte qui eut ensuite le nom d Elèatì-ques , enseigna le prémier que T Univers n'est qu’une Substance, & queDieu & le Monde ne sont qu’une seule & même chose. 11 croyoit nonseulement Téternité & Timmutabilité du Monde (a), mais aussi que toutce qui existoit n’étoic qu’un seul Etre; qu'il n’y avoit jamais ni gé-nération ni corruption; que cet Etre unique étoit immobile, restoittoujours le même (b), & étoit le vrai Dieu (c) : Doctrine, qui nefut pas seulement défendue par ses successeurs, Parménìde , Mélisse,ôi Zénon d'Elée , mais aussi par Stilpon & l’École de Mégare. Etpour prevenir l’objection qu’on pourroit former contre Timmutabilité deTUnivers, en alléguant les changemens continuels que les générations &lescorruptions y produisent tous les jours, ils soutenoient, que les changemensque nous appercevions, n’étoient que de simples apparences & dépurés illu-sions de nos sens. Mais il n’est pas fort difficile de les chasser de ce dernier re-tranchement; car puisqu’ils ne sauroient nier qu’il n’y ait des changemensdans le Monde, tout au moins apparens,il s’enfuitde-làquela Nature n’estpas immuable, mais doit nécessairement souffrir quelque changement dansle sujet qui produit ou reçoit nos sensations. Or ces sensations étant des.passons, supposent d’un côté une Cause efficiente, & de l’autre un Prin-cipe passif; ce qui renverse de fond en comble leur prétendue Unité detoutes choses (d).

Malgré tout cela néanmoins, cette Opinion de Xénophane & de ses Sec-tateurs, que tout n’est qu’une feule & même chose, qui paroit st impie &si absurde, a été expliquée par plusieurs Savans (e ),comme si par TUni-vers ou Touî, ils n’avoient pas entendu le Principe matériel dont touteschoses font composées, mais ce Principe simple & unique dont toutes cho-choscs tirent leur origine, c’est à dire, le vrai Dieu, qu’ils affirment expresse

O) Plmarch. apud Eufeb. de Prœparat.Evang. L. I. c. 8 & L. XV. c. 35 -( 0 ) Aristoclesde Philosoph. apud eund. L.XIV. c. 17. Vide etiarn Aristot. de Xenopha-ne, Zenone fit Gorgia, in initioj fit Cicer.in Lucullo.

(e) Cicer. Q11 test Acad. L. II. Víd. etiarnSextum Emp. in Pyrrhon. Hypotyp. L. I.

(ri) Vid. Aristoclem ubi supra.

(e) Lescalopier in Cicer. de Nat. Deor. LI. p. 44.. Art. de penser part. III, c. 18 &Cud»wortlíîutell. Syst. p. 377, fit 383. Stc.