DE LA CREATION DU MONDE, Introâuaìcn. Xlment être incorporel (a), & par conséquent ne pouvoir absolument pasdans leur opinion être le Monde matériel. Mais comme les Ecrits de cesPhilosophes ne font pas fans obscurité, quelques-uns des Anciens qui n’é-toient pas fort versés dans les Spéculations Métaphysiques, y donnèrent unsens Physique ; comme s’ils avoient voulu dire que tout le Monde corporeln’estqu’une feule & même chose, destituée de mouvement ;. détruisant par-la, avec la diversité des choses, tout mouvement, tout changement, &toute action; ce quiétoit faire d’eux, non pas des Philosophes, mais desFoux. Simplicius (b ), qui connoissoit fort bien les opinions des anciens Phi-losophes, nous assure, que Xénophane & Parménide ont écrit fur ce sujet enMétaphysiciens, & qu’ils n’ont pas prétendu parler du Principe physique,mais du vrai Dieu; ajoutant, que quoique quelques-uns de ces anciensPhilosophes n’ayent pas distingué les choses naturelles d’avec les surnaturel-les, les Pythagoriciens néanmoins, Xénophane , Parménide , Empédocle , &Anaxagore, ont assez exactement distingué ces deux sortes de choses, quoi-que l’obscurité avec laquelle ils se sont exprimés ait empêché plusieurs deles entendre ; ce qui a fait que, non seulement les Payens , mais aussi lesChrétiens ( c ), ont mal interprété' leurs fentimens. Et de fait, quand cesEìèatiques viennent à traiter des Choses Naturelles, ils reconnoissent ouver-tement quelles font composées de différens principes. Xénophane supposeque la Terre est composée d’air & de feu (d ), & que toutes choses ont étéproduites de la terre, & le Soleil & les Etoiles des nuées (e). 11 croyois
aussi qu’il y avoit quatre Elémens (/). Parménide distinguoit formellemententre les Choses Théologiques & Métaphysiques, qu’il appelloit Férìtê ,&les Choses Physiques & Corporelles, qu’il nommoit Opinion. Dans fa Doc-trine fur les Choies Théologiques il posoit un seul Principe immuable, aulieu que dans celle qui avoit pour objet des Choses Corporelles, il en mettoitdeux susceptibles de mouvement, le Feu & la Terre, ou le Chaud & le Froid,vie prémier de ces Principes étant l’Ouvrier, & les autres la Matière (g) ;il enseignoit que la Terre avoit été formée d'un air épais qui avoit été con-densé í /i), &que le Genre-humain tiroit sa première Origine de la boue (i):notions qu’il paroit avoir reçues d ' Archéìaus de Mikt, dont il est dit avoirété Disciple. Zenon étoit dans les mêmes idées, & croyoitque la Naturede toutes choses venoit du Mélange du chaud & du froid , de la sécheresse& de shumidité ; & que les Hommes étoient engendrés de la terre, dansla composition de qui les principes; dont on vient de parler, entraientavec une telle égalité, qu’aucun d’eux ne prédominoit (£).
On ne fait pas bien si Straton de Lampsaque a crui’Unitéde toutes cho-
( a ) Cudworth.Intell. Syst. p. 378.383. &c.O) Simpi in Pbysic. Arislot.p. 5.6. &c.
(c) Cudworth. p. 383. Vid. BayíeDictHilï.Art Xenophanes, Remarq. L.
(d) Plutarch. apu d Euíèb. de Prap. Ev.L. XV. c. 55.
(s) Idem m Strom. apud euud> L> ], c> g.(/) Diogen. Laert. iuVitaXenoph.p.558,
(g) Shnplic. ubi supra & Diog. Laërt. inVita Pannenidis, p. Z60.
(L) Plutarch. apud Euseb ubisupr, L.I.c.8.(0 Diog. Laërt. m Vita lococitato. Ciceroin Lucullo. Simplic. & Themist. in Lib. I.Fhysic, Arist.
(*) Diog. Laërt. in Vita Zenon. p. 566.
B 2