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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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12, HISTOIRE UNIVERSELLE.

ses, ou non ; car quoiqu’il fît la Nature inanimée, & qu’il ne reconnût 6'au-tre Dieu que la Nature (a ), il n’eíl pas certain pourtant qu’il enseignât quel’Univers, ou la Nature, n’étoit qu’un seul Etre. De ce qu’il a tourné enridicule les Atomes de Démocrite (b) , on a conclu. qu’il ne mettoit aucunedifférence entre les parties de l’Univers; mais il est clair que cette consé-quence n’est nullement nécessaire. Tout ce qu’on peut raisonnablementconclure, est que son opinion approche infiniment plus du Spinozi/me que leSystème des Atomes. II y a auíïì quelque lieu de croire, qu’il n’enfeignoitpas, comme font les Atomistes, que le Monde est un ouvrage nouveau, &produit par le hazard, mais, comme font les Spinoziftes , que la nature l’aproduit nécessairement de toute éternité (e). A-la-vérité, Plutarque nousapprend que ce Philosophe croyoit, que le hazard avoit précédé la Natu-re ( d ), comme s’il avoit attribué au hazard la prémière impression de mou-vement, qui avoit ensuite été perfectionnée par la Nature, ou par la Vieplastique qu’il fupposoit se trouver dans chaque partie de la Matière ; faisantainsi dépendre le Système du Monded’un certain mélange de Nature plasti-que & de hazard (e). Mais de la manière dont son sentiment est repré-senté par LaBance (/), il rejettoit tout hazard, ce qui étoit la grande diffé-rence entre lui & les Epicuriens ; & affirmoic que la Nature avoit en elle mêmeun pouvoir génératif, mais n’avoit ni sentiment ni figure; de manièrequetoutes choies étoie'nt, suivant lui, engendrées d’elles mêmes, fans le se-cours d’aucun Artisan étranger. Mais quel qu’ait été le sentiment réel dece Prince des Philosophes Péripatéticiens (§), il est certain qu’ Alexandrel Epicurien , qu’on croît avoir été contemporain de Plutarque (A), soutenoitque Dieu est matière, ou du moins pas distinct de !a matière; que touteschoses sont essentiellement Dieu, & que les formes sont des accidens ima-ginaires qui n’ont point d’existence réelle: & pour cette cause il tenoit tou-tes choses comme étant la même en substance (f). Quelques Hérétiquesparmi les Chrétiens ont aussi embrassé cette opinion extravagante; du nom-bre desquels a été un certain Jmalric , dont le corps mort fut déterré &brûlé au commencement du treizième siècle ( k ), pour avoir enseigné pen-dant sa vie que toutes choses étoient Dieu, & que Dieu étoit toutes cho-ses , &l’essence de toutes les Créatures; tellement que le Créateur & laCréature étoient le même Etre; & que Dieu étoit nommé à cause de celala fin de tontes choses, parce que toutes retournoient en lui (/) : Senti-ment, qu’adoptérent ensuite David de Dînant , son Disciple, & quelques

(a) Cice ro de Nat. Deor. L. I. & Q u ce st.Acad. L. II. Lactantius de Ira Dei, c. 10.O) Cicero Quœst Acad. ubi supra.

(c) Bay le, Dict. Hist. Art. t Spinoza, ilera. A.CQ Plutarch. adv Coiotem. p. 1115.

(e) Vide Cudworíh Intell. Syst. p. 108. &Bayle, loco citato.

(f) I nstant, de Ira Dei loc. cic.

(g) Plutarque le nomme ainsi dans le passageallégué ci- dessus.

(h) Thomasius Disseft. XIV. Philosph.Stoic. p- >99-

0 ‘) Albenus Magnus in Phyfic. Tract. III.

c. n-

Í*)_V Prateolum in Elencho Hier es. VoceAmalricus p. 2Z. II ajoute que suivant quel-ques Auteurs, cet Hérétique & ses Disciplesfurent brûlés vifs.

(/) 1 homafius loco citato ex Gerson. Trac-tat, de Coslcord, Meiaphys. cum Logic.