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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, IntroduBion. i 3

autres (a) ; le savant Pierre Abelard ayant aussi été accusé à avoir donnédans la même opinion ( b).

Cette Erreur n’a pas été renfermée dans notre Europe , mais a fait ausside conss!érables progrès dans l’Onent. Une Secte fameuse parmi les Ja-ponais enseigne, qu’il n’yaqu’un Principe de toutes choses; que cePrinci-pe est simple, clair, lumineux, incapable d’augmentation ni de diminu-tion, sans figure, souverainement parfait, sage, mais destitué déraisonou d’intelligence, écant dans une parfaite inaction A souverainement tran-quille, comme un homme dont l’attention est fortement fixée sur une cho-se, sans songer à aucune autre. Ils disent que ce Principe est dans tousles Etres particuliers, & leur communique son essence de telle manière,qu’elles sont la même chose avec lui, & qu’elles se résolvent en lui quandelles sont détruites (c). La Secte appelléepar les Mahométans al Zenadika(dont le singulier est Zcndîk ) soutient aussi, que tout ce que nous voyons,ou tout ce qui est dans le Monde, est Dieu (d). Et le fameux Abu Mojìem ,par la conduite de qui le Califat fut transféré de la Famille des Ommiadeskcelle des Abbaffides , passe pour avoir cru que toutes choses retournoient enfindans un Principe commun qui étoit Dieu; Opinion que les Auteurs Arabes ap-pellent la Métempsycose de la réjolution (e) , & qui diffère peu , ou point, deî’opinion d’une Secte plus moderne, qui commença à paroître parmi lesMahométans il y a environ 300. ans, & qui se nomme elle-même Ahl alTahkik , un Peuple de certitude. Les partisans de cette Secte croyent qu’iln’y a point d autre Dieu que les quatre Elémens, qui, aussi bien que leMonde, & toutes ses vicissitudes, sont éternels ; & que les Hommes, òc lesautres Etres, sont formés de ces élémens , & doivent rendre un jour à cha-cun de ces élémens ce qu’ils leur ont prêté pour leur formation. Cetteopinion a un grand nombre de partisans dans la Province de Lar enferse (f).

Le Dogme de l’Ame du Monde, qui n’estpas feulement commun à pré-sent dans ïOrient , mais qui l’étoit aussi parmi les Anciens, & faisoi tla par-tie principale du Système Stoïcien , est au fond le même que celui de òpino-za (g) : mais comme celui-ci différait des Stoïciens , non seulement en res-treignant laconnoissance de Dieu, qu’etix reconnoissoient être universelle,& en niant sa providence ; mais aussi en affirmant que ia disposition présen-te du Monde elt nécessaire & éternelle, & par conséquent impérissable(ce qui est directement contraire à la Doctrine des Stoïciens) il sera plus àpropos de considérer cette opinion à part. Nous remarquerons seulementici que quelques Stoïciens Hétérodoxes , comme Boëce par exemple, n’ontpas feulement nié que le Monde fût un Animal, ou un Etre intelligent (/r),

(d) Voy. i es Auteurs qu’on vient de citer,& Bay'e D'£t Ilist. Ait. Spinoza, Rem. A.

(b > Bayle ibid.

(>.) Rollevin. Biblioth. Select. Tom I.L.X.e. 11. p- 4- 1 &c - v °y-aulììBayle, Dict.liist.Art. Japon, hew. D.

(íf) Viaggi di Pietro délia Valle T. 111. p. 395 .,

(e) Ebn. al Amid, dans la Vie du Califeali al Mansur.

(f) Délia Valle T. 111. p. 392.

(g) V. Bayle, Díct. Hist.An.Spinoza,Rem.A.

(h) Diog.Laërt. «1 Vita Zuïûuìs Cit.p.452-

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