H HISTOIRE UNIVERSELLE.
substituant une nature plastique à la place de son Ame ; mais ont aussi af-firmé séternité & l’mcorrupnbilité du Monde, ou, ce qui revient aumême, un cours constant & invariable des choses du Monde (a). Pli-ne l’ancien paroit avoir eu la même opinion; car il déclare, que le Mon-de, & ce qui est autrement appelle le Ciel, dont le mouvement cir-culaire gouverne toutes choses, doit être regardé comme une Divinitééternelle & immense, qui n’a jamais été formée, & qui ne fera jamais dé-truite (b).
Spinoza en.seignoit qu’il n’y a point de Substances différentes, mais quetout le Monde matériel, & chacune de ses parties, existent nécessairement,& font par conséquent infinis (c). Qu’il n’y a pasd’autre Dieu que l’Uni-vers ( d ), & que l'étendue est un de ses attributs (s). Que puifqu’il est ab-solument impossiblequ’une chose soit créée ou produite par une autre, &impossible aussi que Dieu eut fait, à quelque égard que ce soit, une chosedifférente de ce-qu’elle est à présent (f) ; chaque chose qui existe doit né*cefiairemenr être telle partie de la Substance Divine, non pas comme unemodification formée par la volonté de quelque Intelligence (car il nie for-mellement que Dieu agisse par choix (g) , ou en vue de quelques causes fi-nales) (h), mais comme absolument nécessaire en foi, tant par rapport à lamanière d’exister de chaque partie, qu’à l’égard de l'existence du tout. Tel-lement que l'opinion de Hà-sa revient évidemment à ceci; que le Mondematériel, oul'Univers, est Dieu, oul’Etre existant parlui-même; &quetous les Etres particuliers, l’Etenduë, le Soleil, la Lune, les Plantes, lesAnimaux, les Hommes, leurs mouvemens, leurs idées, leurs imagina-tions , & leurs appétits, font des modifications nécessaires de cet EtreUniversel (r).
Ce Système monstrueux, quoiqu’il ait eu quelques défenseurs, à été suf-fisamment réfuté, même parles plus fossiles de ses Adversaires (k), & por-te, pour dire le vrai, fa réfutation avec lui. Car Spinoza, pour éviter laterrassante objection que nous avons rapportée ci-dessus contre le Systèmedes Eléatiques, qui disent que l'Univers ne souffre aucuns changemens,tombe dans une extrémité plus mauvaise encorç, & attribue un changementcontinuel à la Nature Divine, en lui attribuant différentes modifications:Doctrine, qui choque le sens commun, parce qu’il est extravagant de sup-poser que Dieu est en même tems la cause & le sujet des Maux Physiques& Moraux qui arrivent dans le Monde ; & que peut-il y avoir de plus ab-surde, que de concevoir la Matière, la plus vile de toutes les choses, lethéâtre de tous les changemens, & le champ de bataille de toutes les cau-ses contraires, comme étant cet Etre suprême & parfait, en qui ilnyaniva-
(a) Philo Jud. de Incorruptibilîtate Mundi (/) Ibid. Part. I. Prop. 6 . & 33.
P- 947 - Pofidoniirs & Panaxius ont auífi fou- (§) Ibid. Prop. 32. Coroll 1.tenu que le Monde étoit éternel, ibid. (h) Ibid. in Append. ad Prop. 3 6.
(b) Plia. N»t. Hist. L. II. c. 1. CO Vid. Clarke Démonstrat. &c. p. 28. &c;
(c) SpinozainEthic.Parc.I.Prop.6,7,&&- & Bayle, Dict. Art. Spinoza, Rem. DD.
(cl) Ibid. Prop. 14. (k) Ibid, Rem. M. ct P.
(e) Ib.inSchoI.adProp.i5.&Part.Il,Prop.2.