DE LA CREATION DU MONDE, Introduction. 15riation ni nombre de changement {a). LTIypothese en question est renverséede fond en comble, dès qu’on admet le vuide, ou ladivisibilitéde la Matiè-re, Tune de ces choses détruisant l’iníìnité, & l’autre l’unité de Dieu (b)',
& voilà pourquoi les Spinozijlesks nient constamment toutes deux, préten-dant ridiculement qu’il ne fauroit y avoir aucune division de matières àmoins qu’une partie ne soit séparée d’avec une autre par un espace vui-de. II paroit aussi impossible, suivant ce Système, que Dieu puislè être unEtre intelligent. Car la perception & l’intelligence étant réellement une per-section, & non pas un simple résultat de la figure&du mouvement, com-me on l’a fort bien prouvé (c), il s’ensuitqu’il n'est pas possible que Dieu soitdoué même de cette intelligence imparfaite que òpinoza lui accorde, c’est-à-dire , qu’il ne fauroit avoir aucune intelligence du tout (d). Hobbcs, quiétoit aussi du sentiment, qu’il n’y avoir point de Substance distincte de laMatière, se trouvant embarrassé de la difficulté qu’il y ad’attribuerà la fi-gure & au mouvement la propriété de produire en nous certains sentimens in-térieurs tout-à-fait spirituels, est forcé d’avoir recours à la supposition sou-verainement absurde des anciens Hylozoiques, que toute Matière, entantque matière, est douée, non seulement de figure & de capacité de mouve-ment, mais aussi d’un sentiment, ou perception actuelle j & qu’il lui man-que seulement les organes, ou la mémoire des Animaux , pour exprimerses sensations (e).
La seconde Opinion, que la substance de l’Univers est éternelle, quoi- L’Opînionque la forme ne le soit pas, a été généralement embrassée par les Anciens, de ceuxqui de cet Axiôme commun, Oue rien ne fauroit être produit de rien (/), c i Lli ontcruconcevoientque la Création de la Matière étoit quelque chose d’absoiumentimpossible,- mais peníòient en même tems, qu’il étoit trés-raisonnablede àr>e»e,croire que le Monde n’avoit pas toujours été dans l’état où nous le voyons à mais nonprésent. Ceux, qui ont été dans ce sentiment, peuvent être partagés en paslafor-deux classes. Les prémiers tâchoient de rendre raison de la génération me -<du Monde, ou de la forme présente que nous lui voyons, uniquement pardes principes méchaniques & par Tactivité de la Matière, fans avoir recoursà l’assistance de quelque Pouvoir supérieur. Les autres admettoient uneIntelligence suprême comme Architecte de toutes choses. Mais, avant quenous produisions leurs différens Systèmes, il est nécessaire d’examiner deplus près les principes fur lesquels ils se fondent.
II est certain que la création de la Matière, après avoir bien pesé les ar-gumens pour & contré, bien loin de paraître impossible (§), paraîtra auc °ntraire comme devant nécesiairement être admise (h). Car s’il est ab-
(<*) Jaq. I. 17. Vid. Bayle Dict. ubi fupr.Rem. N.
. (JO Quoique Spinoza reconnoifïe que Dieufoit nn, il reconnoit pourtant qu’il ne fauroitêtre un Etre fimpi e à proprement parler. 0 -pera Posthuma, Epi n. l. p. 557,
(c) Dr. Clarke Démonst. & c .p. 61. &c.
(í) lbid. 55 -
00 Hobbes Physic. c. 2$. KK. 5-Vid. Dr.Clarke ubi fupr. p. 6 3.
(Q Ex nihilo ni kil.
(g) Voy. ci dessus, p. a.
(/r) Vid. Bayle, Dict. Hist. Art. Anaxago»ras Remarq. G. p. 212. & Art. Uiéroclès Philo-sophe, Remarq. L.
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