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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, IntroMim. 19

Après cette observation, il est tems de considérer les différentes Hypo-thèses , qui peuvent être rangées fous cette classe ; & nous commenceronspar celles qui, excluant toute Assistance Divine, n'attribuent la formationde l’Univers, qu’à faction & aux propriétés de la Matière.

C’est là la Doctrine qu’on a attribuée aux plus anciennes explicationsprofanes que nous ayons à présent touchant l'Origine du Monde, savoir,celles des Phéniciens , des Egyptiens , & des Babyloniens ; mais si c’est à tortou avec raison, c’est ce que nous laisserons décider à nos Lecteurs, aprèsleur avoir expose, premièrement les sentimens mêmes, & ensuite les obser-vations qu’on a faites fur ces sentimens. Le prémier est celui des Phéni-ciens , qui nous a été transmis par Sanchoniathon , un de leurs Ecrivains, &qui, à cequ’il assure, a été tiré de la Cosmogonie de 7sâ«r, qui étoit leThoyth , ou l’ Hermès, des Egyptiens ( a). Selon lui le prémier Principe derUnivers à été un Air épais & spiritueux, ou un esprit d’air obscur, «St unChaos trouble, épais & ténébreux, il ajoute que ces choses ont été infi-nies, & fans aucunes limites pendant plusieurs siècles. Mais quand l’Espritfut affecté d’amour envers fes propres principes, il s’enfuivit un mélange,& ce mélange fut appelle Désir. Ce fut-là le commencement de la forma-tion de toutes choses: mais l’Esprit ne connoissoit (ou ne reconnoissoit)pas ce qu’il venoit de produire. Ensuite fut engendré Môt ( b ),que d’autres apellent Mud , d’autres une Corruption d’un mélangeaqueux, & c’est de là que vint la Semence de toutes les Créatures, & laGénération de l’Univers. De certains Animaux qui n’avoient pointde sentiment, procédèrent des Animaux intelligens , nommés Z o-phasemin (c), c’est-à-dire, Contemplateurs des Cieux , ayant la figure d’unOeuf: immédiatement après Môt, le Soleil, la Lune, les Etoiles, & lesautres Astres, commencèrent à luire. L’Air étant fortement illuminépar le violent degré de chaleur communiqué à la Terre & à la Mer, desVents furent engendrés, auffi-bien que des Nuées, qui retombèrent ensuiteen très-grandes piuyes: les Eaux, dont la Terre venoit d’être inondée,étant séparées, & tirées de leur place par la chaleur du Soleil, furent denouveau réunies dans l’Air ; ayant été poussées les unes contre les au-

Théorie de la Terre, L. I. c. 4. p. 49. Dr. Mav/th , qui est le nom de cette solution, queClarke Discours fur les Preuves de la Reli- les Physiciens nomment un mucilage. Cum-L>on révélée p. 252. berl. Remarques fur la Cosmogonie de Sanch.

(*) Sanchoniathon apud Euseb. de Prxp. pag. 4. Par ce qui est dit dans la fuite, que

*v. L. l. c. 10. Mét, le Soleil, la Lune, & les Etoiles vin-

(â) Bochart dérive ce terme de l’Ara- rent à luire, il semble que Thoyth considé-be Madah, qui signifie dans cette langue, à roit la terre comme une Planète. Vid. ibid.ce qu’il dit, la prémière matière des choses, pag. 18.

Mais comme Sanchoniaton fait le Chaos, & (c)Zophafemin. O'Oty '21X, Sophe Schamaim,non pas Môt, le premier Principe Matériel, en Hebreu ou en Phénicien, signifie les Con-l’Evêque Cumberiand croît qu’il vaut mieux templateurs des Cieux. Les Animaux n’étoienten chercher 1 origine dans un autre mot Ara- pas les Anges, comme l’a cru Bochart, mais lesbe , à l'égard duquel il n’ert pas besoin defai- corps Célestes, que Sanchoniaton suppose douésre tant de changement. Ce mot est Matha, d’iutelligence, & qui à cause de cela furent

qui signifie macérer dans de seau, d’où vient adorés comme Dieux. Vid. ibid. pag. 21.

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Opiniondes Pliéns-ciítis.