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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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24 HISTOIRE UNIVERSELLE,suivante de leur Cosmogonie, tirée de ce qu ’Oanncs (dont nous parleronsplus amplement dans la fuite) a écrit touchant l’Origine des Choses. II yeut un tems, dit il, que l’Univers n’étoit qu’obícurìté & eau, dans lequelfurent engendrés d’effroyables Animaux de différentes formes. QuelquesHommes avoient deux Ailes, d’autres quatre, & deux visages ; d’autresavoient un corps & deux têtes, l’uned’un Homme, &l’autre d’une Femme,auffi-bien que les deux sexes: quelques autres Hommes eurent, ou des cor-nes de Bouc, ou des pies de Chevaux, ou la figure des Hippocentaures.II y eut des Taureaux avec des têtes d’Hommes ; des Chiens avec qua-tre corps, dont les parties postérieures se terminoient en queues de Poissons.;& des Chevaux avec des têtes de Chiens; en un mot, d’autres Créaturesvivantes, ayant la figure de toutes fortes d’Animaux. La même bizarrerieeut lieu à l’égard d’une grande quantité de Poissons, de Reptiles,de Lerpens,& d’autres Animaux fort étranges, chacun d’eux étant un composé de dif-férentes figures, comme on peut le voir dans le Temple de Belus, où ilsfont dépeints. La Directrice de tout ceci étoit une Femme nommée Omo-rôca («) , mot qui est Thalatth en Chaldéen (b ), mais qui signifie en Grecla Mer, ou la Lune. Telle étant la constitution de l’Univers, Beltis vint ôcayant partagé Omorôco par le milieu; fit d’une de ses moitiés, la Terre,& de l’autre, les Cieux; après quoi les Animaux qu’il y avoit en elle pé-rirent. Cet Ecrivain ajoute, que c’est par manière d’Allégorie, que ceschoses font dites de la nature du Monde. Que le Monde étant humide, & desAnimaux y étant engendrés, le Dieu Belus ôta la tête d'Omorêca, &que les autres Dieux mêlèrent son corps avec de la terre, &en formèrentles Hommes, ce qui est cause qu’ils ont de l’intelligence,& qu’ils sont douésd’une portion de la Sagesse Divine. Que ce Dieu, qui est le même que Ju-piter, partageant les ténèbres par le milieu, sépara la Terre des Cieux,& mit le Monde en ordre; mais que les Animaux, ne pouvant pas suppor-ter la force de la lumière, moururent:mais, continue-t-il , Belus, voyantla Terre déserte quoique fertile, ordonna à un des Dieux de couper fa pro-pre tête, de mêler le sang qui en sortoit avec de la terre, & de formerde cette terre ainsi préparée des Bêtes qui pussent souffrir l’air. EnsuiteBelus perfectionna les Etoiles, le Soleil, Ja Lune, & les cinq Planè-tes (c).

Ce passage nous aprend clairement, que les anciens Babyloniens attri-buoient expressément l’arrangement du Monde, l’ordre & le mouvementdes Corps Célestes, auffi-bien que la formation des Hommes & des Ani-maux, à leur suprême Dieu Bel , quoiqu’ils paroissentavoircrulapré-exis-

tence

(a) Omorca dans FEdidon de Scalìgcr. No- écrit ainsi au lieu du mot Chaldéen ou Syriaquetre Auteur ayant traduit ce mot en Chaldéen, Thalilâth »,, qui signifie humectation, & quiil faut qu’il soit dérivé de quelqu’autre Lan- répond à I explication donnée dans la fuite,gue ; mais comme il ne nous dit pas quelle La Mer & la Lune étoieut considérées commeLangue c’est, nous ne nous arrêterons pas à en les deux sources de f fi timidité,rechercher l’Etymologie (<0 Alexander Polyhist. ex Beroso apud

Q,) Ce mot ressemble si fort au mot Grec Syncell. Chronogr. p. 29 . & Euseb. Chrome.Thalafa, la Mer, qu’on pourroic soupçon- Grœc. Scaligeri, p, <j,ner d’en avoir été forgé. Peut-être at-ii été