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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE LA CREATION DU MONDE, Introduction. z s

rence de la Matière. II faut par conséquent que ce soit une Théologieplus moderne des Babyloniens, qu on peut accuser justement (comme on l’afait) d’en avoir point reconnu un seul Principe comme Auteur de cet Univers(a). En quoi ils se font départis de la Tradition de leurs Ancêtres, les anciensChaldéens , qui se sont rendus fameux par la croyance d’un seul Dieu Souve-rain, Créateur du Monde, comme il paroit par cet Oracle d'apollon, citépar Eufèhe ( b ), daps lequel les Chaldéens & les Hébreux font déclarés avoirseuls en partage la vraie sagesse, comme n’adorant qu’un Monarque suprê.me, qui tire son existence de sa propre source.

A-la-vérité, nous avons encore une autre Histoire de la Cosmogonie dansles Oracles Chaldaïques ou Magiques de ZoroaJtrc\ mais ces Oracles ont sifort l’air d’être supposés; font si pleins de ces sortes de rêveries qu’ontdé-bitées dans la fuite les Platoniciens ôc les Gnofliques‘, rendent si mal raison del’origine de l’Univers; & s’étendent tant fur des choses inconnues, fur Tor-dre de celles qui font invisibles, fur le mystère de quelques Nombfes (r), &c.qu’on nous pardonnera bien de les passer fous silence. Cependant, commeun très savant homme à jugé à propos de donner une espèce d’extrait dece que ces Oralces ont de plus intelligible (d), nous allons copier ce qu’ilrapporte fur ce sujet. Les Chaldéens , dit-il ,croyent que lé suprême Dieu,qui est le prémier de tous les Êtres, est éternel. Que Dieu, qui est uneLumière ou un Feu intelligent, a communiqué cette lumière intelligen-te à toutes les Créatures, prémièrement, & immédiatement à la prémiè-re Ame, & à tous les autres Etres éternels & immatériels, c’est-à-dire,à une prodigieuse multitude de Dieux, d’Anges, de bons Génies, &d’A-mes humaines. La seconde émanation est une Lumière au-delà du Monde,un Espace immatériel, infini & lumineux, qui est le séjour des Etres in-telligens. Cette lumière éclaire l’Empyrée , qui étant immédiatement au-dessous d’elle, est le plus raréfié & le plus brillant de tous les Corps. L’Empy-rée se répand par l’iEther, qui est placé au dessous de lui, L dont Je Feu estmoins subtil que celui de l’Empyrée, comme cela paroit par les parties lesplus condensées de ce Feu, c’est-à-dire, le Soleil & les Etoiles. De J’iE-ther ce Feu est transmis au Monde matériel & sublunaire; car quoique lamatière n’en soit pas lumière, mais ténèbres, (de-même que les mauvaisGénies,) cependant ce Feu vivifiant en anime toutes les parties, s’insinue,se répand, & pénètre jufqu’au centre même de la Terre.

Les anciens Poëtes Payens , qui ont fait un tort infini à la Théologie en Opiniongénéral, ont contribué le plus à faire admettre l’extravagante opinion, des Poètesque le Monde est sortie du Chaos fans le secours ni la direction de Dieu. Car Scquoiqu’ils ayent dit que Y Amour a présidé à l’arrangement des parties de laMatière, L que quelques-uns s’imaginent que par cet Amour il faille en-tendre la Divinité, ou un Principe actif distinct de la Matière (e), il est

(s) Damasriusin Fragment. MS. n«p'< «p#»» (c) Burnet Archaeol. L. I. p. 21, 22.

jtpud Curaberl. lleview os the Cofmog. of (//) Stanley Hist. de la Phil. Chai. L. I.

Sanchoniaton. p. 2 K o. Sect. 1. c. 2. p. 195, 196. (e vers. Clerici)

(S) Euseb. dePrap. Evang. l. IX. c. 10. (e) Cudworth, lntell. System, p. 212.

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