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Particu-lièrementà'Orphée.
2(5 HISTOIRE UNIVERSELLE.
cependant plus probable que ces Poëtes ont voulu signifier par-là l’accord& l’harmonie des Elémens, après que la guerre intestine, qui les armoit]es uns contre les autres, eut cessé: leur Amour étant né du Chaos,toutcomme le reste de leurs Dieux, qui au fond n’étoient autre chose que lesCorps Célestes, les Elémens, & les autres Parties de la Nature Perfoni-fides & Déifiées. C’est pourquoi la Cosmogonie des Poëtes est la mêmechose que leur Théogonie (a).
Orphée, principal Introducteur des Rites Religieux du Paganisme parmiles Grecs , a été taxé d’avoir inventé les noms des Dieux, & forgé leursgénérations & leurs actions différentes, en quoi il a été imité par Homè-re (b) ; cependant il garde un profond silence dans fa Théologie à l’égardde quelque chose d’intellectuel & d’inconnu ; & fait d’un de ses principesun Dragon, ayant une tête de Taureau & une autre de Lion, avec laface d’un Dieu au milieu, A des ailes dorées à ses épaules (c). Mais,nonobstant cette extravagante imagination d 'Orphée , la plupart des GrecsPaïens y ne le regardant point comme un simple Poëte, mais comme unprofond Philosophe, ont supposé que toutes ses Fables, concernant lesDieux renfermoient les Allégories les plus admirables, & les plus sublimesMystères; opinion, à laquelle Orphée eut l’obligation d’être regardé com-me un homme inspiré. Ceìje même poussoir la chose si loin, qu’il osoicavancer, que les Chrétiens dévoient plutôt prendre Orphée pour un Dieu, queJe sus-Chkist, comme ayant été incontestablement doué d’un EspritSaint, ói ayant aussi souffert une mort violente (d). Mais revenonsauxsentimens de ce fameux Poète.
Quoiqu’il ait été le grand Apôtre du Polythéisme, on a cru pourtantqu’tl reconnoissoit un Dieu suprême & incréé comme Auteur de touteschoses, non feulement à cause de la grande estime qu’ont eue pour lui lesdeux Sectes de Philosophes qui se piquoient le plus de Religion , c’est-à-dire, les Pythagoriciens & Platoniciens, Sectes qui le designoient ordi-nairement par le nom de Théologien par excellence; mais aussi parce qu’ilest très apparent, que c’est en grande partie de lui que les Philosophes ,dont il s’agit, ont tiré leurs idées Philosophiques & Théologiques (e).
Cette opinion avantageuse d’ Orphée sera mieux fondée encore, si nousreconnoissons que l’Abrégé de Cosmogonie Orphique, fait depuis ìongtemspar Tmothée le Chronographe, contient la véritable doctrine de ce Poëte tcar cet Auteur nous apprend qu Orphée, en racontant la Génération desDieux, la Création du Monde, & la Formation de l’Hornme, avoitpro-testé ne rapporter rien qui fût de son invention, & dont il n’eût été duement
informé par Phœbus, Titan, ou le Soleil. Son narré revient en peu de motsà ceci: Qu’au commencement Dieu créa l’iEther ou les Cieux, & quede chaque côté de l’iExher étoit le Chaos, & l'obfcure Nuit qui couvroic
(a) Cndworth Intel!. Syst. p. 334. &c. berl. Review of the Ccsinog. &f Sanction, pv(£’) Athenagor. & Just. Man. "apud eun- '-'io. & Cudwortb, p. 33,;.deiït. p-- 298. (i)Cel!us, L. Vit.p. 3.67.agudCudwr. fci^,
(íJ DamafciiB Iîqé M. S. apudCum- {e) Cuíiwortb, ibich.