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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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28 HISTOIRE U N V E R S E L L E.

formés les Cops Célestes ; & du Chaos, le Monde Sublunaire, c’est-à-di-re, notre Terre, & d’autres Planècesdu même genre, placées à différensintervalles les unes des autres (a).

C’est une chose qui mérite d’être observée, opx'Orphèe semble avoir étéle premier qui ait introduit parmi les Grecs la doctrine de l’Oeuf du Mon-de , qu’il avoit probablement puisée chez les Egyptiens , qui, ausii-bien queplusieurs Nations anciennes,représcntoient le Monde par ce symbole (£).Les Phéniciens, comme nous l'avons vu, donnoient à leurs Zophafemìn ,qui font les Corps Célestes, la forme d’un Oeuf; & adoroient, dansles Orgies de Bacchus, un Oeuf comme symbole du Monde (c). Le mêmesymbole à été employé par les Chaldéens , les Persans, les Indiens, & lesChinois , comme nous le verrons dans la fuite ; & cela, non feulementà cause de la figure extérieure d’un Oeuf, mais aussi pour fa compositioninterne; la coque représentant les Cieux, le blanc, l’Air, & le jaune,la Terre (d) ; quoique d’autres ayent interprété la chose d’une manièreun peu différente (e), C’est pourquoi Plutarque (/) observe que laQuestion , fi la Poule étoit avant l'œuf, ou Tmf avant la Poule, n’é-toit pas un badinage , mais comprenoit, suivant la Doctrine à'Orphée,la génération primitive de toutes choses : & 1’.Auteur des Hymnesqu’on attribue à Orphée , raconte que le Dieu qui a été engendré leprémier , & auquel les Gréés ont donné le nom de Phanes , est sortid’un œuf (§). Athènagore fait mention du même Dieu, ôt en parleconformément à la Doctrine des Sectateurs d 'Orphée (h). Une autreOpinion des Théologiens Orphiques , qui ne doit point être oubliée ,étoit que Dieu est toutes choses : opinion, qui ne doit point êtreprise dans un sens grossier, comme ôtant toute distinction entre Dieu(k les Créatures ; ces Théologiens n’ayant voulu signifier autre chosepar-là, sinon i. Que toutes choses venant de Dieu, & ayant été con-tenues en lui, il falloit par conséquent qu’elles fussent lui dans un certainsens. Et 2 . Que le Monde , ayant été produit par Dieu , n’en estpas séparé pour cela, ni ne subsiste par foi-même, mais est à chaque instantsoutenu & vivifié par la cause de son existence. C’est dans le dernier deces sens, que quelques Théologiens Chrétiens ont aussi nommé Dieu , Tout-;comme quand ils affirment que l'U ni vers n’est autre chose que Dieu répan-du par-tout , & qu’à limitation de St. Jérôme, & de quelques autres, ilsnomment les Créatures les rayons de la Divinité. Mais quoique l’Ecricureà-même semble autoriser jufqu’à un certain point ces manières de s’ex-

(d) Burner Archíeol. Lib. !.. pag. 1301(O Vid. hic íup. pag. 22.

(O Plut. ìh Symp. L. II. qu. 3. Macrob.Sat. L. VII. c. 16; i 7 „

(d) Varro, apud. Prob. Grain „.m Ecf. VI.Virg.

(sp Achilles Tatius. iu Arat. Phtenom, c. 4.

Burn. Théo r. Sac. Teli. L. If, c. ro. &Tbeory os the Rarth. L. I. c. 5. pag. 86.(/) Plmarcb. In Symp. L. II. q U . 3.

(g) Athenag Hymn. n f « T6V ' M . Lactanu.de Faìsa Religione L. I, c . 5.

C/O Athenag. Légat, pro Lbritt.